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L'actu. de PlaNet DZ

 

                                            

             

 

Mezel, Mezel, Mezel essah Ibane ! !

Alger, 15 novembre 2000. 

La salle Benhamouda est pleine à craquer. Avec Raïna Raï, à l’affiche du festival BledStock, c’est pas étonnant ! On croise beaucoup de musiciens, des artistes, des fans de longue date mais aussi des jeunes avides de sensations musicales. 
Et des sensations, Raïna Raï nous en a donné de bien belles. C’était Géant ! !
Le plaisir de retrouver, en live, les accords inimitables de Lotfi Attar.
Nous l'avons coincé à sa sorti de scène et entre deux rideaux, nous avons discuté quelques instants avant qu'il ne se fasse happer par la foule de journalistes.   

Ourida :Lotfi : C’est presque un quart de siècle, on ne peut pas résumer ces vingt ans, mais j’espère qu’on fêtera nos 40 ans... Moi j’y crois, on dirait que je suis né dans la musique, Il me semble que c’est ça, C’est comme si j’avais toujours mon instrument sur moi et c’est ça qui fait ce que je suis. En plus quand il y a un public comme celui-ci qui est un public de connaisseurs, ça fait plaisir. Ça fait plaisir de jouer pour des gens qui savent ce qu’on est en train de leur dire et ça c’est important. On a toujours voulu ça, depuis le début. Raïna Raï c’était ça.  On s’est adressé à ce public pour qu’il tire le public qui est en bas, celui qui est illettré, tu vois ?

Tu te rends compte que dans la salle y a beaucoup de jeunes qui ont le même âge que Raïna Raï ?
Oui, c’est vrai. Les gent ont toujours dit que nous sommes une école, moi je crois que les artistes et les musiciens reconnaissent notre travail et c’est bien. Ils reconnaissent qu’il y a eu un travail auparavant, qu’il y a eu des parrains dans cette histoire. Qu’on le veuille ou pas y a toujours eu un premier qu’on le reconnaisse comme moi je reconnais les guitaristes, les grands groupes dont je me suis inspiré : Clapton, Hendrix, les Beatles et tout ça. C’est grâce à ces gens-là, que moi j’ai ma musique à moi, moi qui suis algérien ! Il faut le reconnaître

Ça fait longtemps que vous n’avez pas fait de scène ?
De scène officielle, oui, 3 ou 4 mois. On joue à Oran, mais il y a un manque de matériel, en général c'est Abbas et compagnie qui nous invitent, c’est des gens bien, mais il y a un manque de matériels. Ceux qui jouent avec nous c’est des chebs, on ne fait pas partie de ce lot, il faut qu’on se le dise. On n’avait rien à voir depuis le début avec ces chebs, c’est pas pour dénigrer. Nous on a toujours été revendicatif, c’est notre nature de dire ce qu’on pense, de dire ce que pense le peuple.

C’était bien parti Raïna Raï au début, que s’est-il s’est passé ?
C’était bien parti musicalement et pour le public et pour les « gens de la cassette » qui en ont profité à nos dépens. On a eu des problèmes et cela a fait traîner le groupe. 

Est ce qu’on vous a marginalisés ?
Oui, à partir du moment où ils se sont mis à passer les chebs, on ne nous a plus regardé. Hé, hé show-biz algérien, s’il te plait !
Ils nous ont vraiment bouclés, ils nous ont mis dans un sac et c’est comme cela qu’on a galéré, vraiment, et mazel, sauf si ont est pris en charge en Europe par des gens qui profiteront vraiment de cette richesse que nous avons. Parce que nous avons beaucoup à donner, mazel.
On a encore beaucoup de choses à dire, beaucoup de choses à faire, mais est ce qu’on aura cette chance ? 
Nous, on aimerait bien tomber des gens qui croient en cette culture, comme au début, parce que ça a été un mouvement, ça a été une auto-production Zina et tous les autres titres !

Et depuis vingt ans tu fais quoi, à part la musique, pour vivre ?
 Je me suis toujours intéressé à la brocante, aux antiquités. C’est mon deuxième truc après la musique. Ça a été la galère de 90 à 99, on peut même dire jusqu'à 2000 ! C’est ce qui m’a permis de survivre. Les concerts, c’est rare, on les compte même. 
Cet été on a eu 5 concerts, celui-ci est le sixième. Ça ne fait pas vivre !

Vous étiez en studio dernièrement ?
Oui, on a enregistré un produit qui devait sortir en août. 

Et Alors ?
Et bien, ma khredj ! Il n’est pas sorti !

Vous avez signé chez qui ?
On a vendu le produit à Nabil de Lazer production d’Oran.  Comme ça faisait sept ans qu’on n’avait pas enregistrés, on pensait qu’il allait le sortir rapidement, comme prévu. Ce serait bien qu’il sorte pour monter qu’on est là ! On est en novembre et le produit n’est toujours pas en vente ! !

Et tu as aucune nouvelle ?

Depuis qu’il nous a dit qu’il sortirait en août, non, aucune, et ça ne m’intéresse pas. J’aime pas avoir à faire à des gens qui « comptent ». On a vendu notre produit, c’est fini, c’est lui le propriétaire. On pourrait même pas le sortir ailleurs, Il ne nous appartient plus.

Vous préparez autre chose ?
Oui, en ce moment, on est en train de préparer un d’autres titres, qu’on souhaite enregistrer en Europe. Inchallah ! 

Et bien, j'espère que cela pourra se faire et qu'on vous accueillera sur scène à Paris un de ces jours.


Ourida de PlaNet DZ ( Alger le 15 novembre 2000)

NB : Mazel : pas encore = toujours pas = il y a encore = il en reste...
C'est riche l'algérien !!