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Nous
l'avons coincé à sa sorti de scène et entre deux rideaux, nous avons
discuté quelques instants avant qu'il ne se fasse happer par la foule de
journalistes.
Ourida
:Lotfi : C’est presque un
quart de siècle, on ne peut pas résumer ces vingt ans, mais j’espère
qu’on fêtera nos 40 ans...
Moi j’y crois, on dirait que je suis né dans la musique, Il me semble
que c’est ça, C’est comme si j’avais toujours mon instrument sur
moi et c’est ça qui fait ce que je suis. En plus quand il y a un public
comme celui-ci qui est un public de connaisseurs, ça fait plaisir. Ça
fait plaisir de jouer pour des gens qui savent ce qu’on est en train de
leur dire et ça c’est important. On a toujours voulu ça, depuis le début.
Raïna Raï c’était ça. On s’est adressé à ce public pour qu’il tire le public
qui est en bas, celui qui est illettré, tu vois ?
Tu
te rends compte que dans la salle y a beaucoup de jeunes qui ont le même
âge que Raïna Raï ?
Oui, c’est vrai. Les gent ont
toujours dit que nous sommes une école, moi je crois que les artistes et
les musiciens reconnaissent notre travail et c’est bien. Ils
reconnaissent qu’il y a eu un travail auparavant, qu’il y a eu des
parrains dans cette histoire. Qu’on le veuille ou pas y a toujours eu un
premier qu’on le reconnaisse comme moi je reconnais les guitaristes, les
grands groupes dont je me suis inspiré : Clapton, Hendrix, les
Beatles et tout ça. C’est grâce à ces gens-là, que moi j’ai ma
musique à moi, moi qui suis algérien ! Il faut le reconnaître
Ça
fait longtemps que vous n’avez pas fait de scène ?
De scène officielle, oui, 3 ou 4
mois. On joue à Oran, mais il y a un manque de matériel, en général
c'est Abbas et compagnie qui nous invitent, c’est des gens bien, mais il
y a un manque de matériels. Ceux qui jouent avec nous c’est des chebs,
on ne fait pas partie de ce lot, il faut qu’on se le dise. On n’avait
rien à voir depuis le début avec ces chebs, c’est pas pour dénigrer.
Nous on a toujours été revendicatif, c’est notre nature de dire ce
qu’on pense, de dire ce que pense le peuple.
C’était
bien parti Raïna Raï au début, que s’est-il s’est passé ?
C’était bien parti
musicalement et pour le public et pour les « gens de la cassette »
qui en ont profité à nos dépens. On a eu des problèmes et cela a fait
traîner le groupe.
Est ce qu’on vous a marginalisés ?
Oui, à partir du moment où ils se sont mis à passer les chebs, on ne
nous a plus regardé. Hé, hé show-biz algérien, s’il te plait !
Ils nous ont vraiment bouclés, ils nous ont mis dans un sac et c’est
comme cela qu’on a galéré, vraiment, et mazel, sauf si ont est pris en
charge en Europe par des gens qui profiteront vraiment de cette richesse
que nous avons. Parce que nous avons beaucoup à donner, mazel.
On a encore beaucoup de choses à dire, beaucoup de choses à faire, mais
est ce qu’on aura cette chance ?
Nous, on aimerait bien tomber des
gens qui croient en cette culture, comme au début, parce que ça a été
un mouvement, ça a été une auto-production Zina et tous les autres
titres !
Et depuis vingt ans tu fais quoi, à part la musique, pour vivre ?
Je me suis toujours
intéressé à la brocante, aux antiquités. C’est mon deuxième truc
après la musique. Ça a été la galère de 90 à 99, on peut même dire
jusqu'à 2000 ! C’est ce qui m’a permis de survivre. Les concerts,
c’est rare, on les compte même.
Cet été on a eu 5 concerts, celui-ci est le sixième. Ça ne fait pas
vivre !
Vous
étiez en studio dernièrement ?
Oui, on a enregistré un produit qui devait sortir en août.
Et Alors ?
Et bien, ma khredj ! Il n’est pas sorti !
Vous avez signé chez qui ?
On a vendu le produit à Nabil de
Lazer production d’Oran. Comme ça faisait sept ans qu’on n’avait pas enregistrés,
on pensait qu’il allait le sortir rapidement, comme prévu. Ce serait
bien qu’il sorte pour monter qu’on est là ! On est en novembre
et le produit n’est toujours pas en vente ! !
Et tu as aucune nouvelle ?
Depuis qu’il nous a dit qu’il sortirait en août, non, aucune, et ça
ne m’intéresse pas. J’aime pas avoir à faire à des gens qui
« comptent ». On a vendu notre produit, c’est fini, c’est
lui le propriétaire. On pourrait même pas le sortir ailleurs, Il ne nous
appartient plus.
Vous
préparez autre chose ?
Oui, en ce moment, on est en
train de préparer un d’autres titres, qu’on souhaite enregistrer en
Europe. Inchallah !
Et bien, j'espère que cela pourra se faire et qu'on vous accueillera
sur scène à Paris un de ces jours.
Ourida de PlaNet DZ ( Alger le 15 novembre 2000)
NB : Mazel : pas encore = toujours
pas = il y a encore = il en reste...
C'est riche l'algérien !!
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