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L'actu. de PlaNet DZ
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Point de Vue. Un Patrimoine
dévalorise
Source El
Watan du 4 décembre.
Les artistes des
planches en Algérie n’ont pas arrêté de tirer la sonnette d’alarme
en ce qui concerne notamment la nécessité d’une politique culturelle,
d’un statut de l’artiste, d’un statut de l’entreprise théâtrale
et culturelle, la nécessité de régir le secteur si névralgique des
arts et de la culture.
Le problème ne réside pas dans le fait qu’ils n’ont pas été
entendus. Non… le problème est plutôt technique : les décideurs à
quelque niveau que ce soit ne savent pas de quoi il s’agit. Le ministre
de la Culture et ses cadres centraux ne savent pas l’importance pour
l’histoire de préserver le fonds documentaire d’un théâtre. Ils ne
savent pas ce que ce fonds documentaire avec tout ce qui le constitue est
un patrimoine national. En fait, ils ne savent même pas de quoi il se
compose, ce fonds documentaire !.. Ce qui est grave, ce n’est pas de ne
pas savoir, c’est de continuer à ignorer. On ignore qu’un théâtre
doit avoir ses espaces naturels de production et de diffusion de son
activité de stockage et d’emmagasinage des éléments constitutifs de
la représentation théâtrale, à savoir
- une scène avec machinerie,
- une salle de spectacles,
- une salle des costumes,
- une salle des accessoires, un magasin des décors avec éventuellement
une menuiserie,
- une salle des affiches,
- un centre d’archives et de documentation pour les textes des pièces
théâtrales, les photos de scène, les bandes magnétiques des musiques
de scène, les travaux universitaires, les articles de presse, etc., un
centre représentant une «banque de données» pour les universitaires,
les chercheurs, les amateurs…
Les concepteurs de la rénovation du Théâtre régional d’Oran, par
exemple, n’ont pas prévu — malgré les milliards engloutis dans cette
opération — d’aménager les espaces nécessaires à l’emmagasinage
des costumes, des accessoires et du fonds documentaire. Le directeur du théâtre
et son staff de conseillers font des tentatives pour faire le ménage en
se débarrassant de ce qu’ils considèrent comme inutile. C’est ce qui
s’est passé samedi 28 octobre 2000 à la rue Lepelletier sur le
trottoir attenant à la «salle de danse» pour certains costumes comme
quelques jours auparavant, ce fut le cas pour des photos d’exposition et
de scène. D’ailleurs, si l’on venait à faire l’inventaire, on se
rendrait compte que beaucoup de costumes et d’accessoires n’ont pas été
restitués à la suite de leur prêt. Tout comme les anciennes chaises des
loges de la salle de spectacles ; tout comme les pianos, etc. La sonnette
d’alarme est tirée pour la sauvegarde du patrimoine du Théâtre régional
d’Oran, particulièrement depuis l’assassinat de Abdelkader Alloula.
La présence charismatique de Alloula donnait un sens à la préservation
du théâtre en tant qu’institution culturelle en général, et
entreprise théâtrale d’Etat en particulier, avec tous ses éléments
historiques, de patrimoine, de documentation. Le Théâtre régional d’Oran
était un exemple dans le secteur de la culture, en matière d’éthique
et de déontologie de l’activité artistique et culturelle. Il est vrai
que le travail de sauvegarde, de préservation et d’archivage est très
ingrat ; néanmoins, le réaliser relève de notre devoir à tous, afin
que les générations futures ne nous fassent pas le reproche d’avoir vécu
sans avoir laissé aucune trace de notre passage. Des artistes ont
produit, créé, diffusé et fait la joie de milliers de spectateurs. Ces
artistes ont fait miroiter devant nous la magie du spectacle, l’euphorie
de la scène. Il est indispensable que les responsables concernés au
niveau du ministère de la Culture sortent de leurs bureaux pour faire
l’apprentissage du terrain des arts et de la culture. Il feraient
certainement reculer l’inculture qui alimente la bureaucratie des
appareils d’Etat.
Par Raja Alloula
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