Samar :
Les gens découvrent de plus en plus votre musique, mais ne connaissent
pas l’homme qui se cache derrière le musicien..
Rachid Taha : L’homme
à la limite on s’en fout. Le plus important c’est ce qu’il fait et
non ce qu’il est. Et ce que je fais, fait connaître ce que je suis..
Vous
avez participé au concert 1,2,3 Soleil avec Khaled et Faudel.
Qu’est-ce que ça vous a apporté ?
C’est
une expérience comme j’en ai plusieurs fois fait. Ca fait partie des
expériences intéressantes et puis voilà. En plus l’apport médiatique
important que ça a apporté. Le coté un peu « découverte »
des gens qui viennent du même pays mais qui sont différents de caractères
et d’attitude. C’est ça qui était important, on ne sort pas du même
moule… un sacré mélange…
Quelles
sont vos préférences musicales ?
Il
y en a plein.. Ca part du rock au clash en passant par la musique
traditionnelle japonaise, le vaudou, la techno, la house, le trash, tout
quoi..
En parlant de vaudou, votre nouvel
album « Made in Médina » est un sacré mélange :
gnawas, transe vaudou, musique d’Afrique noire avec Femi Kuti…
Oui mais il me correspond. J’ai
fait d’une certaine manière le lien entre les rythmes et la transe
vaudou, celle des gnawas, des marabouts, des chamans ou de l’Afrique
noire. Ces musiques ont la même origine, l’Afrique.
Mais c’est surtout pour montrer que l’homme quelles que soient
ses origines vit au même rythme, tout simplement parce que ça vient du même
endroit.
Quel
est votre mot préféré ?
C’est voir
Celui
que vous détestez ?
Il n’y en a pas.. Ils servent tous à quelque chose.
Quelles
sont vos passions ?
Ma
musique, la littérature, le cinéma, la danse…
Que
lisez-vous ?
R.T :
Des romans, des polars, des autobiographies.. J’aime bien Jean Genet,
Naguib Mahfouz, Pasolini, Mahmoud Darwich, Albert Cohen…
Le
CD que vous écoutez en ce moment ?
Je
ne sais plus..
Le
votre peut-être ?
Je
devrais ça me permettrait de connaître les paroles…
Non en ce moment c’est Mister Reims..
Quels
sont vos artistes préférés ?
Marvin
Gay, Jimmy Hendrix, Abdel Halim Hafez, Alan Boga, les Beatles, Oum
Kalthoum, Fela…
Et
Algériens ?
Il
n’y en a pas de préféré..
Vous avez
quand même repris une des plus belles chanson du répertoire algérien… « Ya
Rayah »…Qui parle de la douleur de l’exil …
L’exil
est universel…Et puis c’est une chanson du répertoire de Dahmane EL
Harrachi, les algériens n’ont rien à voir là-dedans. Il l’a écrite,
composée et chantée…
Que
ressentez-vous pour l’Algérie ?
De la douleur… depuis 42 ans je ne ressens que de la douleur
Vous
partirez chanter là-bas ?
Bien
sur que j’irais mais quand on me le proposera sérieusement…
On
vous l’a déjà proposée ?
Oui,
mais pas sérieusement. J’irais mais pas pour faire du wachi wacha..
rouht lil Djazair.. choufouni ya nass. J’en ai rien à foutre. Je
n’irais pas pour faire de la figuration, ni pour servir d’alibi à tel
ou tel individu. Je n’ai aucune envie d’être la caution de
quelqu’un, ça ne m’intéresse pas
Que
représente pour vous votre passage sur la scène de la Fiesta des Sud La
rencontre avec le public, c’est une fiesta on verra après. Je crois que
c’est important d’y être et que le public y soit aussi. C’est un échange,
sinon je n’en vois pas l’intérêt. On est la pour s’amuser les uns
les autres. Et puis on verre si le public est réceptif à ce genre de mélange
Vous clôturez
une soirée spéciale, un hommage à la musique judéo-arabe
C’est
important ce mélange des genres, des musiques et des communautés. Mais
de toute façon ce sera au public de juger, s’il aime ce genre de
manifestation ou pas.
Si vous
aviez un message à adresser, ce serait lequel ?
La tolérance et le respect de
l'autre quelques soient ses origines.
Marseille le 23
novembre 2000
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