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Taha à la Fiesta,

A l’occasion de la sortie du nouvel album de Rachid Taha « Made in Médina », et de son passage sur la scène de la Fiesta des Sud à Marseille, nous voulions vous faire découvrir l’homme qui se cache derrière la star. Interview découverte, à contre-courant ou à contre-cœur, à vous de décider…

 

Photos de Robert Poulain que nous remercions pour sa collaboration.

Par Samar Smati qui a été un peu déçue par l'attitude relativement cassante de Rachid Taha...Mais à sa décharge on peu reprendre ses propos :
«En ville, je m’égare, je perds mon âme,
je suis un étranger, je suis groggy».
La prochaine fois on essayera de le rencontrer en mer ou dans le désert...
Samar : Les gens découvrent de plus en plus votre musique, mais ne connaissent pas l’homme qui se cache derrière le musicien..
Rachid Taha :
L’homme à la limite on s’en fout. Le plus important c’est ce qu’il fait et non ce qu’il est. Et ce que je fais, fait connaître ce que je suis..

Vous avez participé au concert 1,2,3 Soleil avec Khaled et Faudel.
Qu’est-ce que ça vous a apporté ?
C’est une expérience comme j’en ai plusieurs fois fait. Ca fait partie des expériences intéressantes et puis voilà. En plus l’apport médiatique important que ça a apporté. Le coté un peu « découverte » des gens qui viennent du même pays mais qui sont différents de caractères et d’attitude. C’est ça qui était important, on ne sort pas du même moule… un sacré mélange…

Quelles sont vos préférences musicales ?
Il y en a plein.. Ca part du rock au clash en passant par la musique traditionnelle japonaise, le vaudou, la techno, la house, le trash, tout quoi..

En parlant de vaudou, votre nouvel album « Made in Médina » est un sacré mélange : gnawas, transe vaudou, musique d’Afrique noire avec Femi Kuti…
Oui mais il me correspond. J’ai fait d’une certaine manière le lien entre les rythmes et la transe vaudou, celle des gnawas, des marabouts, des chamans ou de l’Afrique noire. Ces musiques ont la même origine, l’Afrique.  Mais c’est surtout pour montrer que l’homme quelles que soient ses origines vit au même rythme, tout simplement parce que ça vient du même endroit.

Quel est votre mot préféré ?
C’est voir

Celui que vous détestez ?
 Il n’y en a pas.. Ils servent tous à quelque chose.

Quelles sont vos passions ?
Ma musique, la littérature, le cinéma, la danse…

Que lisez-vous ?
R.T : Des romans, des polars, des autobiographies.. J’aime bien Jean Genet, Naguib Mahfouz, Pasolini, Mahmoud Darwich, Albert Cohen…

Le CD que vous écoutez en ce moment ?
Je ne sais plus..

Le votre peut-être ?
Je devrais ça me permettrait de connaître les paroles…
Non en ce moment c’est Mister Reims..

Quels sont vos artistes préférés ?
Marvin Gay, Jimmy Hendrix, Abdel Halim Hafez, Alan Boga, les Beatles, Oum Kalthoum, Fela…

Et Algériens ?
Il n’y en a pas de préféré..

Vous avez quand même repris une des plus belles chanson du répertoire algérien… « Ya Rayah »…Qui parle de la douleur de l’exil …
L’exil est universel…Et puis c’est une chanson du répertoire de Dahmane EL Harrachi, les algériens n’ont rien à voir là-dedans. Il l’a écrite, composée et chantée…

Que ressentez-vous pour l’Algérie ?
De la douleur… depuis 42 ans je ne ressens que de la douleur

Vous partirez chanter là-bas ?
Bien sur que j’irais mais quand on me le proposera sérieusement…

On vous l’a déjà proposée ?
Oui, mais pas sérieusement. J’irais mais pas pour faire du wachi wacha.. rouht lil Djazair.. choufouni ya nass. J’en ai rien à foutre. Je n’irais pas pour faire de la figuration, ni pour servir d’alibi à tel ou tel individu. Je n’ai aucune envie d’être la caution de quelqu’un, ça ne m’intéresse pas

Que représente pour vous votre passage sur la scène de la Fiesta des Sud La rencontre avec le public, c’est une fiesta on verra après. Je crois que c’est important d’y être et que le public y soit aussi. C’est un échange, sinon je n’en vois pas l’intérêt. On est la pour s’amuser les uns les autres. Et puis on verre si le public est réceptif à ce genre de mélange

Vous clôturez une soirée spéciale, un hommage à la musique judéo-arabe
C’est important ce mélange des genres, des musiques et des communautés. Mais de toute façon ce sera au public de juger, s’il aime ce genre de manifestation ou pas.

Si vous aviez un message à adresser, ce serait lequel ?
La tolérance et le respect de l'autre quelques soient ses origines.

Marseille le 23 novembre 2000