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L'actu. de PlaNet DZ

 

                                            

INTIK

Premier album "intik " sortie le 5 janvier 2000
Saint George - Sony Music

Retrouvez la Biographie d’Intik sur www.intik.net

Intik vu d'Alger (Le Matin)

Interview

INTIK

Nous avons eu le plaisir de recevoir le groupe Intik à Planet DZ à l’occasion de la sortie de leur premier CD " INTIK" ...Une rencontre agréable et chaleureuse.
Rien à dire, Nabil, Reda (alias Daddy R, alias Chérie 15), Samir et Youcef ( Darkman) sont VRAIMENT Intik ! ! ! ("Bien", pour les non initiés)

C’est Youcef qui a répondu à mes questions, au nom du groupe.

Ourida : Alors ca se passe comment depuis que vous êtes en France (10 mois) ?

Youcef :Ca va, Hamdoulah, ça se passe plutôt bien, musicalement et professionnellement on a progressé, Hamdoulah.

O :De quelle façon vous avez quitté Alger ?

Y : nous on s’attendait pas du tout à venir ici en France, il y a 14 mois de ça, on savait pas, on aurait jamais pensé qu’on allait être ici pour enregistrer un album. On a enregistré des maquettes, on les a envoyés un peu partout, comme ça, à droite à gauche, pour que les gens écoutent, et une copie est tombée entre les mains de Imothep qui est l’architecte musical du groupe IAM, qui nous a tout de suite contacté pour nous inviter au festival Logique Hip Hop à Marseille du 28 au 30 novembre 99. On est venu, on a fait notre concert et au moment où on allait repartir Imothep nous a encore proposé un autre projet : de faire une compile avec lui,"  Chronique d’Alger " qui a été distribuée gratuitement dans les Fnac. Après il y a eu des producteurs indépendants qui étaient intéressés par le groupe.

O : quand ils ont écouté la compile ?

Y : c’était plus au festival hip hop, c’est là que l’histoire a commencé… et on a fini par signer avec, Djillali, l’ex-producteur de l’ONB. Je continue …ou…J’arrête ici ?

O : continue...

Y : Moughamarat Intik... (les aventures..d'Intik)
On est redescendu au bled pour des problèmes de papiers…. c’était le ramadan, on est remonté le 11 février, le 12 on avait un concert à Montreuil, on a eu plein de problèmes techniques.

O : Vous étiez seul,

Y : y avait aussi Hamma, c’est un groupe Algérien, on a démarré ensemble…

O : Hamma Boys ?

Y : Maintenant, ils préfèrent s’appeler Hamma parce que Boy ça fait Boys Band..
On a continué a travailler, dans l’underground, a faire des maquettes à la maison et on a été invités au concert du Divan du Monde. C’est là où il y avait George Fernandez, notre directeur artistique. Il a vu notre concert, il a flashé et il nous a contacté, on a discuté c’etait un bon feeling. On a signé la 13 Août avec Sony au label Saint-George.

Depuis, on a plongé dans la production de l’album jusqu’à, il y a un mois, l’album a été masterisé à New York, et là on fait les interviews pour la promo…J’espère que ca va marcher.

O : Et le Clip ?

Y : on l’a tourné

O : il est bien ?

Y : on a pas vu le montage définitif, mais ça donne bien.

O : Il va commencer à passer quand ?

Y : fin janvier, normalement. En fait y a deux clips, y a " Soldat inconnu " et y a un autre plus ou moins soft, qui est reggae, c’est " va le dire à ta mère ", j’espère que les gens vont aller le dire à…que l’album sort le cinq janvier.

O : vous avez signé pour plusieurs albums ?

Y : Oui

O : et comment tu vois l’avenir :

Y : l’avenir est un peu flou, c’est trop tôt pour se prononcer, l’album n’est pas encore sorti…On attend, on croise les doigts et après on verra, les choses vont s’éclaircir, on verra mieux

O : Les titres de l’album, vous les avez composés où ?

Y : Quasiment au bled, y a eu quelques petites modifications, on a travaillé dessus

O : vous avez été influencé par qui musicalement, étant jeune

Y : Personnellement, j’étais plus orienté vers le reggae, tout ce qui était roots, le chaâbi aussi, parce que c’est roots aussi. Je ne sais pas si les gens connaissent, le premier Rasta algérien, Rasto, c’est lui qui m’a tout appris, je devais avoir 11, 12 ans, je traînais chez lui, il m’a appris à chanter. J’aime bien la techno, Pink floyd, Santana…

O : tu peux me parler du mouvement hip-hop à Alger ?

Y :C'est depuis deux ans que ça a vraiment commencé, disons qu’il y’a eu la vague hip hop, parce que avant c’était difficile, comme ça fait pas partie de la culture algérienne, c’était difficile de l’imposer. Les gens…quand on leur parlait de rap, pour eux c’était délinquance, c’était drogue, c’était la violence avec le temps les gens ont commencé, quelque part à s’identifier dans les textes. Surtout que ce qu’on fait c’est plus dans les textes, la musique est là pour embellir les textes...

O : y a quoi comme groupes qui tourne bien à Alger ?

Y :  K2C, RAS... ils font un concert aujourd’hui a Alger à la salle Ibn Zeidoun. K-Libre, que moi j’apprécie aussi...

O : Les problèmes qu’ils rencontrent... ?

Y : la liberté de penser, la liberté de parler, la liberté de dire non, de dire vraiment ce qu’on pense quoi.

O : Y a eu un festival hip hop à Alger, il y a quelques mois ?

Y :Malheureusement, on n’a pas pu y aller, on a eu des échos, ca s’est très bien passé. On aurait aimé être là, on est le premier groupe de rap, pour une fois qu’il y a un grand festival de rap à Alger, on n’a pas pu y allez. Mais
y en aura d’autres.

O : c’est quoi encore, les difficultés que les groupes rencontrent à Alger ?

Y : Quand ils vont dans une maison de jeunes et qu’il y a rien, je vois pas pourquoi ils appellent ça maison de jeunes, les jeunes ils ont pas besoin de jouer au baby foot, qu’on leurs donne au minimum un ordinateur, de quoi s’instruire, de quoi s’ouvrir, voir d’autres horizons, c’est l’ennui, ils sont dehors y a rien à faire. Une journée en studio coûte le salaire d’un flic…

O : Et comment on peut les aider, nous ?

Y : En parlant d’eux …Parce que c’est comme ça en parlant d’eux et de leurs problèmes, et de leurs qualités aussi ! et de leur potentiel artistique.

O : Qu'est-ce que tu penses de l’ONDA (équivalent de la SACEM, en Algérie)

Y : Je ne connais pas.

O : et du piratage de la musique ?

Y : y a que ça, y a que ça, enfin ça va venir...c’est pas en un an qu’on fait un pays ça va venir, ça va se restructurer.

O : qu'est-ce-qui va venir ?

Y : Les jeunes, ils vont venir en force, Intik ils vont rentrer en force.

O : Et votre album, il va sortir " officiellement " à Alger ?

Y : Officiellement, je sais pas, officieusement peut être… . Ce n'est pas avec de la musique qu’on s’enrichit en Algérie, tu parlais de l’Onda, y a pas de droits d’auteurs..c’est pas l’argent qui nous intéresse c’est plus le message, faut que ça passe.

O : Vous suivez l’actualité du bled depuis que vous êtes ici ?

Y : oui, à  fond, on a jamais suivi l’actualité d’aussi prés. En prenant un peu de recul on sent qu’on est encore plus… Je sais pas, j’avais jamais ressenti ça quand j’étais au bled. J’étais comme tout les jeunes, j’avais des problèmes,. C’est pas que j’étais indifférent mais j’avais mes problèmes. En prenant un peu de recul, c’est comme un terrain de foot, quand on est à l’intérieur du terrain et quand on est dans les gradins c’est pas pareil...

O : Comment vous suivez l’info ?

Y : Par téléphone, parce que l’information ici, enfin la télé, je sais pas si c’est au niveau de la France ou de l’Algérie mais il y’a déformation de l’information. quand on était au Bled et qu’on regardait les infos à la télé, la une ou la deux, ça n’avait rien à voir avec ce qui se passait…

O : C’est quoi notre problème à nous Algériens ?

Y : g’aâ fahmin, gaâ merguine, gaâ yaârfou, gaâ qbah ! (réservé aux initiés...pour les autres :  demandez la traduction à des potes maghrébins.)

O : Et la solution ?

Y : lemragha hadik faut que t’aâoued tahbat chouia, beche laakal il progress.

Discographie :

Cassette 8 titres : Algérie 96

Compilation ALGERap (2 titres sur la compilation) 98