Nous avons eu le plaisir de recevoir le groupe Intik à
Planet DZ à loccasion de la sortie de leur premier CD " INTIK" ...Une
rencontre agréable et chaleureuse.
Rien à dire, Nabil, Reda (alias Daddy R, alias Chérie 15), Samir
et Youcef ( Darkman) sont VRAIMENT Intik ! ! !
("Bien", pour les non initiés)
Cest Youcef qui a répondu à mes questions, au nom du groupe.
Ourida : Alors ca se passe comment depuis que vous êtes en France (10
mois) ?
Youcef :Ca va, Hamdoulah, ça se passe plutôt bien, musicalement et
professionnellement on a progressé, Hamdoulah.
O :De quelle façon vous avez quitté Alger ?
Y : nous on sattendait pas du tout à venir ici en France, il y a 14
mois de ça, on savait pas, on aurait jamais pensé quon allait être ici pour
enregistrer un album. On a enregistré des maquettes, on les a envoyés un peu partout,
comme ça, à droite à gauche, pour que les gens écoutent, et une copie est tombée
entre les mains de Imothep qui est larchitecte musical du groupe IAM, qui nous a
tout de suite contacté pour nous inviter au festival Logique Hip Hop à Marseille du 28
au 30 novembre 99. On est venu, on a fait notre concert et au moment où on allait
repartir Imothep nous a encore proposé un autre projet : de faire une compile avec
lui," Chronique dAlger " qui a été distribuée gratuitement
dans les Fnac. Après il y a eu des producteurs indépendants qui étaient intéressés
par le groupe.
O : quand ils ont écouté la compile ?
Y : cétait plus au festival hip hop, cest là que lhistoire
a commencé
et on a fini par signer avec, Djillali, lex-producteur de
lONB. Je continue
ou
Jarrête ici ?
O : continue...
Y : Moughamarat Intik... (les aventures..d'Intik)
On est redescendu au bled pour des problèmes de papiers
. cétait le ramadan,
on est remonté le 11 février, le 12 on avait un concert à Montreuil, on a eu plein de
problèmes techniques.
O : Vous étiez seul,
Y : y avait aussi Hamma, cest un groupe Algérien, on a démarré
ensemble
O : Hamma Boys ?
Y : Maintenant, ils préfèrent sappeler Hamma parce que Boy ça fait
Boys Band..
On a continué a travailler, dans lunderground, a faire des maquettes à la maison
et on a été invités au concert du Divan du Monde. Cest là où il y avait George
Fernandez, notre directeur artistique. Il a vu notre concert, il a flashé et il nous
a contacté, on a discuté cetait un bon feeling. On a signé la 13 Août avec Sony
au label Saint-George.
Depuis, on a plongé dans la production de lalbum jusquà, il y a un mois,
lalbum a été masterisé à New York, et là on fait les interviews pour la
promo
Jespère que ca va marcher.
O : Et le Clip ?
Y : on la tourné
O : il est bien ?
Y : on a pas vu le montage définitif, mais ça donne bien.
O : Il va commencer à passer quand ?
Y : fin janvier, normalement. En fait y a deux clips, y a " Soldat
inconnu " et y a un autre plus ou moins soft, qui est reggae, cest
" va le dire à ta mère ", jespère que les gens vont aller le
dire à
que lalbum sort le cinq janvier.
O : vous avez signé pour plusieurs albums ?
Y : Oui
O : et comment tu vois lavenir :
Y : lavenir est un peu flou, cest trop tôt pour se prononcer,
lalbum nest pas encore sorti
On attend, on croise les doigts et après on
verra, les choses vont séclaircir, on verra mieux
O : Les titres de lalbum, vous les avez composés où ?
Y : Quasiment au bled, y a eu quelques petites modifications, on a travaillé
dessus
O : vous avez été influencé par qui musicalement, étant jeune
Y : Personnellement, jétais plus orienté vers le reggae, tout ce qui
était roots, le chaâbi aussi, parce que cest roots aussi. Je ne sais pas si les
gens connaissent, le premier Rasta algérien, Rasto, cest lui qui ma tout
appris, je devais avoir 11, 12 ans, je traînais chez lui, il ma appris à chanter.
Jaime bien la techno, Pink floyd, Santana
O : tu peux me parler du mouvement hip-hop à Alger ?
Y :C'est depuis deux ans que ça a vraiment commencé, disons quil
ya eu la vague hip hop, parce que avant cétait difficile, comme
ça fait pas
partie de la culture algérienne, cétait difficile de limposer. Les
gens
quand on leur parlait de rap, pour eux cétait délinquance, cétait
drogue, cétait la violence avec le temps les gens ont commencé, quelque part à
sidentifier dans les textes. Surtout que ce quon fait cest plus dans les
textes, la musique est là pour embellir les textes...
O : y a quoi comme groupes qui tourne bien à Alger ?
Y : K2C, RAS... ils font un concert aujourdhui a Alger à la salle
Ibn Zeidoun. K-Libre, que moi japprécie aussi...
O : Les problèmes quils rencontrent... ?
Y : la liberté de penser, la liberté de parler, la liberté de dire non, de dire
vraiment ce quon pense quoi.
O : Y a eu un festival hip hop à Alger, il y a quelques mois ?
Y :Malheureusement, on na pas pu y aller, on a eu des échos, ca
sest très bien passé. On aurait aimé être là, on est le premier groupe de rap,
pour une fois quil y a un grand festival de rap à Alger, on na pas pu y
allez. Mais
y en aura dautres.
O : cest quoi encore, les difficultés que les groupes rencontrent à
Alger ?
Y : Quand ils vont dans une maison de jeunes et quil y a rien, je vois
pas pourquoi ils appellent ça maison de jeunes, les jeunes ils ont pas besoin de jouer au
baby foot, quon leurs donne au minimum un ordinateur, de quoi sinstruire, de
quoi souvrir, voir dautres horizons, cest lennui, ils sont dehors
y a rien à faire. Une journée en studio coûte le salaire dun flic
O : Et comment on peut les aider, nous ?
Y : En parlant deux
Parce que cest comme ça en parlant
deux et de leurs problèmes, et de leurs qualités aussi ! et de leur potentiel
artistique.
O : Qu'est-ce que tu penses de lONDA (équivalent de la SACEM, en
Algérie)
Y : Je ne connais pas.
O : et du piratage de la musique ?
Y : y a que ça, y a que ça, enfin ça va venir...cest pas en un an
quon fait un pays ça va venir, ça va se restructurer.
O : qu'est-ce-qui va venir ?
Y : Les jeunes, ils vont venir en force, Intik ils vont rentrer en force.
O : Et votre album, il va sortir " officiellement " à
Alger ?
Y : Officiellement, je sais pas, officieusement peut être
. Ce n'est
pas avec de la musique quon senrichit en Algérie, tu parlais de lOnda,
y a pas de droits dauteurs..cest pas largent qui nous intéresse
cest plus le message, faut que ça passe.
O : Vous suivez lactualité du bled depuis que vous êtes ici ?
Y : oui, à fond, on a jamais suivi lactualité daussi prés.
En prenant un peu de recul on sent quon est encore plus
Je sais pas,
javais jamais ressenti ça quand jétais au bled. Jétais comme tout les
jeunes, javais des problèmes,. Cest pas que jétais indifférent mais
javais mes problèmes. En prenant un peu de recul, cest comme un terrain de
foot, quand on est à lintérieur du terrain et quand on est dans les gradins
cest pas pareil...
O : Comment vous suivez linfo ?
Y : Par téléphone, parce que linformation ici, enfin la télé, je
sais pas si cest au niveau de la France ou de lAlgérie mais il ya
déformation de linformation. quand on était au Bled et quon regardait les
infos à la télé, la une ou la deux, ça navait rien à voir avec ce qui se
passait
O : Cest quoi notre problème à nous Algériens ?
Y : gaâ fahmin, gaâ merguine, gaâ yaârfou, gaâ qbah !
(réservé aux initiés...pour les autres : demandez la traduction à des potes
maghrébins.)
O : Et la solution ?
Y : lemragha hadik faut que taâoued tahbat chouia, beche laakal il
progress.