Scénario : Mohamed Chouickh
Image : Allel Yahyaoui
Son : Rachid Bouafia
Montage : Yamina Chouikh
Musique : Jawad Fasla
Interprètes : Khaled Berkat, Djillali Aïn-Tedeles,Fettouma
Ousliha,Fatima Belhadj, Nawal Zaatar
L’auteur :
(Mostaghanem, 1943) Acteur algérien formé par le Théâtre national
d’Alger, il fonde plus tard, sa propre troupe dans sa ville natale. En
1966, Mohamed Lakhdar Hamina lui confie le rôle du jeune maquisard du FLN
dans Le Vent des Aurès. Il est le héros des Hors-la-loi, de Tewfiq
Farès (1969), et le partenaire tragique de Marie-José Nat dans Elise ou
la vraie vie (M. Drach, 1970). Comédien sobre et sensible (Les Nomades,
S. A. Mazif, 1975), il fait preuve de réelles qualités de cinéastes
dans L’Embouchure (1972), Les Paumés (1974), Rupture (1983), longs
métrages produits par la R. T. A, La Citadelle (El Kalaa, 1988), et
enfin, Youcef (1993), son dernier film. (S.O.)
Ciné-critique :
Dans une bourgade de l’est algérien, un jeune homme, Kaddour, le
fils adoptif d’un commerçant du village, tombe amoureux d’une femme
mariée. Ultime déshonneur pour l’ensemble des hommes de la
communauté, qui manifeste son désaccord violemment auprès du père
adoptifde Kaddour. Pour éviter le pire, le commerçant promet de marier
son fils, le jour même…
Mais bien plus que le mariage de Kaddour, ou la
condition de la femme algérienne, nous y reviendront plus tard, on sent
dans La Citadelle, comme un vent bunuelien. Tout au long du film, de
petits scènes comiques ponctuent la progression scénaristique, que ce
soit ces parties de dames pour lesquelles un homme parierait sa femme, ou
cette autre scène où un homme désire prendre une quatrième épouse
afin de copier son voisin, ou encore cette autre où un mendiant est
chargé d’une certaine moral… Le tableau est goyesque, et c’est dans
le passage de scènes traitées sur le mode comique à d’autres
plus sérieuses et importantes que semble venir ce côté très bunuelien.
Une jeune fille visite un marabout, et c’est Tristana qui monte au
clocher. Ici, comme dans le film de Bunuel, c’est la bande sonore qui
nous relate les transports de la jeune fille, d’ailleurs dans La
Citadelle, le son en dit plus long que dans Tristana : durant toute
la scène, au même moment, les halètements de Kaddour qui effectue une
sorte de rituel autour de la bâtisse, nous parviennent, et le mixage des
deux sur la bande sonore est surprenant…
Enfin, pour terminer on ne peut omettre de noter les prestations d’acteur,
notamment celle de Khaled Berkat dans le rôle de Kaddour, et qui a fait
preuve d’un grand talent d’acteur lors de ce film.
Saïda Olivaud