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LA CITADELLE, 1986, 95’

Réalisation : Mohamed Chouickh
Scénario : Mohamed Chouickh
Image : Allel Yahyaoui
Son : Rachid Bouafia
Montage : Yamina Chouikh
Musique : Jawad Fasla
Interprètes : Khaled Berkat, Djillali Aïn-Tedeles,Fettouma Ousliha,Fatima Belhadj, Nawal Zaatar

L’auteur :
(Mostaghanem, 1943) Acteur algérien formé par le Théâtre national d’Alger, il fonde plus tard, sa propre troupe dans sa ville natale. En 1966, Mohamed Lakhdar Hamina lui confie le rôle du jeune maquisard du FLN dans Le Vent des Aurès. Il est le héros des Hors-la-loi, de Tewfiq Farès (1969), et le partenaire tragique de Marie-José Nat dans Elise ou la vraie vie (M. Drach, 1970). Comédien sobre et sensible (Les Nomades, S. A. Mazif, 1975), il fait preuve de réelles qualités de cinéastes dans L’Embouchure (1972), Les Paumés (1974), Rupture (1983), longs métrages produits par la R. T. A, La Citadelle (El Kalaa, 1988), et enfin, Youcef (1993), son dernier film. (S.O.)

Ciné-critique :
Dans une bourgade de l’est algérien, un jeune homme, Kaddour, le fils adoptif d’un commerçant du village, tombe amoureux d’une femme mariée. Ultime déshonneur pour l’ensemble des hommes de la communauté, qui manifeste son désaccord violemment auprès du père adoptifde Kaddour. Pour éviter le pire, le commerçant promet de marier son fils, le jour même…

Mais bien plus que le mariage de Kaddour, ou la condition de la femme algérienne, nous y reviendront plus tard, on sent dans La Citadelle, comme un vent bunuelien. Tout au long du film, de petits scènes comiques ponctuent la progression scénaristique, que ce soit ces parties de dames pour lesquelles un homme parierait sa femme, ou cette autre scène où un homme désire prendre une quatrième épouse afin de copier son voisin, ou encore cette autre où un mendiant est chargé d’une certaine moral… Le tableau est goyesque, et c’est dans le passage de scènes traitées sur le mode comique à d’autres plus sérieuses et importantes que semble venir ce côté très bunuelien. Une jeune fille visite un marabout, et c’est Tristana qui monte au clocher. Ici, comme dans le film de Bunuel, c’est la bande sonore qui nous relate les transports de la jeune fille, d’ailleurs dans La Citadelle, le son en dit plus long que dans Tristana : durant toute la scène, au même moment, les halètements de Kaddour qui effectue une sorte de rituel autour de la bâtisse, nous parviennent, et le mixage des deux sur la bande sonore est surprenant…

Enfin, pour terminer on ne peut omettre de noter les prestations d’acteur, notamment celle de Khaled Berkat dans le rôle de Kaddour, et qui a fait preuve d’un grand talent d’acteur lors de ce film.
Saïda Olivaud