Scénario : Azzedine Meddour
et Jean Pierre Liedo
Image : Bachir Selami
Son : Farid Korteby Hamid Bouziane
Montage : Antoine Bonfanti
Musique : Amine Kouider, Djurdjura
Interprètes : Djamila Amzal, Abderahmane Debiane,
Ali Ighil Ali, Ouardia Kessi, Kamal Abderahmane.
Production : Imago Films (France) ; Caro-Line (France),
ENTV (Algérie), ENPA (Algérie).
L’auteur :
Il est décédé le 16 mai 2000 et un hommage lui avait été rendu le
18 juin au Cabaret Sauvage. Originaire de Sidi Yaïch (Bougie) ,il étudie
les Lettres Françaises à l’Université d’Alger et complète sa
formation par des études de cinéma au V.G.I.K de Moscou. A partir de
1978 il est réalisateur à la télévision algérienne. Avec le
documentaire Combien je vous aime (1985), il décroche le premier prix au
festival Américain du Film à New-York. Après la réalisation de
nombreux documentaires, dont Douleurs muettes, qui laisse la paroles à
des enfants encadrés par une équipe psycho-éducative, suite aux
massacres en Algérie, il décide de co-produire son premier et dernier
long métrage La Montagne de Baya.
(Z. M.)
Ciné-critique :
Ce film, plus récent que les autres ici présents, est une sorte de
fresque historique. Alors que les dernières tribus kabyles résistent
encore à l’envahisseur français, c’est au sommet d’une montagne
que se situe la fuite de Baya et de la tribu dont elle est la fille du
guide spirituel. Alors qu’elle perd son mari assassiné, le père de l’assassin
lui remet une somme d’argent qui est le prix du sang versé. Cette
argent, Baya refuse de le mettre à disposition de sa communauté afin de
payer le tribu de guerre et de récupérer leurs terres. Là voilà
isolée entre les siens et son devoir envers la communauté, et torturée
par un amour secret qu’elle voue à Djendell, le poète guerrier, qui
les accueille dans sa montagne…
Ainsi ce qui rend particulier La Montagne de Baya,
comme Machaho quelques années avant, ce sont des films dont la principale
langue parlée est le berbère. Quand on connaît l’histoire de la
culture berbère et de sa langue en Algérie, on devine les objectifs du
film… En attendant, " filmiquement parlant ", le
film reste la dernière œuvre de cinéma à laquelle l’ENTV et l’ENPA
auront participé, ce qui nous fait penser que ces structures peuvent
encore accueillir la fabrication de grands films. Tant mieux, cela nous
rassure… De plus, le film a reçu un accueil chaleureux auprès du
public : il fut primé par le prix du public au Festival du Film
International d’Amiens., en 1998. Dernièrement encore, La Biennale des
cinémas arabe lui rendait un hommage en même temps que les autres grands
films algériens…
Enfin, on peut noter cette constante de l’auteur, car
c’est bien de cela qu’il s’agit ici, de la vision d’un auteur, A.
Meddour a su éviter quelques pièges sur la façon de représenter la
communauté berbère. Celle-ci est filmée dans son labeur quotidien de la
terre, dans ses cérémonies, mais tout cela dans une image finalement
très simple, loin des peplums à l’italienne.
Saïda Olivaud