Découvrez la
nouvelle rubrique :
B A Z '  A R T


L'actu. de PlaNet DZ

 

                                            

   Retour à l'actualité  à l'accueil

 

 

LA MONTAGNE DE BAYA, 1997, 116’

Réalisation : Azzedine Meddour
Scénario : Azzedine Meddour et Jean Pierre Liedo
Image : Bachir Selami
Son : Farid Korteby Hamid Bouziane
Montage : Antoine Bonfanti
Musique : Amine Kouider, Djurdjura
Interprètes : Djamila Amzal, Abderahmane Debiane,
Ali Ighil Ali, Ouardia Kessi, Kamal Abderahmane.
Production : Imago Films (France) ; Caro-Line (France),
ENTV (Algérie), ENPA (Algérie).

L’auteur :
Il est décédé le 16 mai 2000 et un hommage lui avait été rendu le 18 juin au Cabaret Sauvage. Originaire de Sidi Yaïch (Bougie) ,il étudie les Lettres Françaises à l’Université d’Alger et complète sa formation par des études de cinéma au V.G.I.K de Moscou. A partir de 1978 il est réalisateur à la télévision algérienne. Avec le documentaire Combien je vous aime (1985), il décroche le premier prix au festival Américain du Film à New-York. Après la réalisation de nombreux documentaires, dont Douleurs muettes, qui laisse la paroles à des enfants encadrés par une équipe psycho-éducative, suite aux massacres en Algérie, il décide de co-produire son premier et dernier long métrage La Montagne de Baya.
(Z. M.)

Ciné-critique :
Ce film, plus récent que les autres ici présents, est une sorte de fresque historique. Alors que les dernières tribus kabyles résistent encore à l’envahisseur français, c’est au sommet d’une montagne que se situe la fuite de Baya et de la tribu dont elle est la fille du guide spirituel. Alors qu’elle perd son mari assassiné, le père de l’assassin lui remet une somme d’argent qui est le prix du sang versé. Cette argent, Baya refuse de le mettre à disposition de sa communauté afin de payer le tribu de guerre et de récupérer leurs terres. Là voilà isolée entre les siens et son devoir envers la communauté, et torturée par un amour secret qu’elle voue à Djendell, le poète guerrier, qui les accueille dans sa montagne…

Ainsi ce qui rend particulier La Montagne de Baya, comme Machaho quelques années avant, ce sont des films dont la principale langue parlée est le berbère. Quand on connaît l’histoire de la culture berbère et de sa langue en Algérie, on devine les objectifs du film… En attendant, " filmiquement parlant ", le film reste la dernière œuvre de cinéma à laquelle l’ENTV et l’ENPA auront participé, ce qui nous fait penser que ces structures peuvent encore accueillir la fabrication de grands films. Tant mieux, cela nous rassure… De plus, le film a reçu un accueil chaleureux auprès du public : il fut primé par le prix du public au Festival du Film International d’Amiens., en 1998. Dernièrement encore, La Biennale des cinémas arabe lui rendait un hommage en même temps que les autres grands films algériens…

Enfin, on peut noter cette constante de l’auteur, car c’est bien de cela qu’il s’agit ici, de la vision d’un auteur, A. Meddour a su éviter quelques pièges sur la façon de représenter la communauté berbère. Celle-ci est filmée dans son labeur quotidien de la terre, dans ses cérémonies, mais tout cela dans une image finalement très simple, loin des peplums à l’italienne.
Saïda Olivaud