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L'actu. de PlaNet DZ

 

                                            

Conseil de la francophonie. Un siège pour "Boualem Zid El-Goudam"
Les autorités ont toujours manifesté officiellement une méfiance à l'égard de la francophonie.
Source liberté
du 6 juin.

La position de l'Algérie vis-à-vis de la francophonie a toujours été frappée du sceau de l'ambivalence. Du moins jusqu'à ces derniers temps. "Officiellement, les autorités ont régulièrement manifesté une méfiance outrageuse à l'égard de cet espace, au motif, souvent invoqué," qu'il constitue une sorte de prolongement de la colonisation. Derrière l'utilisation du support linguistique, le français, les autorités françaises sont en effet soupçonnées de nourrir des desseins stratégiques s'inscrivant dans l'optique de la confrontation entre anglosaxons et francophones, ce qui explique l'absence de notre pays aux sommets annuels de la francophonie alors que "son couvert est toujours mis sur la table", pour reprendre l'expression d'un président africain. Depuis l'arrivée d'Abdelaziz Bouteflika, les choses connaissent une évolution sensible qui est marquée du souci de la rationalité
et du dogmatisme. En effet, il est pour le moins aberrant que notre pays continue à bouder l'espace de la francophonie dans lequel il a nombre d'atouts à faire valoir, aussi bien d'ailleurs sur les plans politique,économique que culturel. Nous sommes le deuxième pays après la France à utiliser la langue de Molière quand bien même celle-ci n'a pas de statut officiel. Notre presse francophone, de par son dynamisme mais aussi son importance en termes de titre, n'a pas d'équivalent dans le reste des pays adhérant à cette organisation. Cela sans compter que la communauté algérienne résidant en France, avec plus d'un million de citoyens, est la plus importante.
Autant de bonnes raisons qui plaident pour que notre pays tienne la place qui lui revient légitimement, dans ce concert boudé jusque-là pour des considérations qui ne sont plus valables à l'ère des grands ensembles. Notre
présence aux réunions périodiques de la francophonie n'aurait-elle pas, par exemple, contribué à casser l'embargo de fait qui nous a été imposé pendant toutes les années de crise ? Manifestement, il y a de la part de nos
responsables une meilleure appréciation de la situation. Outre l'usage du français par le Président de la République, cassant de ce fait un sacré tabou, l'Algérie était présente au dernier sommet en tant que membre
observateur.
Ce mois de mai, notre pays a été l'hôte des journées de la presse francophone, organisée, les 3, 4 et 5 à l'hôtel El-Djazaïr. Elles ont été inaugurées et clôturées par M. Tebboune, ministre de la Communication, ce qui
représente plus qu'un signe. Hier, Slimane Ben Aïssa, l'auteur de Babor Ghraq, a été nommé membre du  Haut-Conseil de la francophonie qui est un organisme consultatif regroupant 40 personnalités internationales. Il a été désigné par le président Jacques Chirac, lui-même, après avoir reçu "l'assentiment", de Abdelaziz Bouteflika.
L'entrée du dramaturge dans cette instance consultative marque, incontestablement, un pas de plus vers la"normalisation" des rapports avec la francophonie, ce qui témoigne, en fait, d'une meilleure compréhension de nos intérêts. Et l'on ne pourrait soupçonner notre pays, à travers ces petits pas, de tourner le dos à son "arabité" car l'Égypte qui en est le leader, siège sans complexe au sein de cette organisation qui est actuellement
présidée par M. Boutros- Ghali. L'Iran, la Tunisie, le Maroc en sont également membres à part entière.
N. SEBTI

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