13h00 : Arrivée à Rotterdam. Les représentants de la
Word Music investissent le hall de lhôtel. En ce dimanche, que du vent et de la
pluie et bien peu de monde à lextérieur, même pas quelques hooligan. Quelques
mots sont griffonnés sur un tableau. Comment sannonce le festival en plein
air ? Sur un air de rai
Il est des chansons qui parlent encore la langue rai et qui
continuent de conter le tourment de lindigent et lhistoire de la force
G "(Galb)*. Il existe encore du texte originel, des
plaintes à la Rimiti et cela cest dans lalbum : Yabouya, Chab
rassi, Manabrach, Lahwawiya ;des titres portés par une musique
singulièrement orchestré par un groupe de musiciens infernal qui ajoute à la verve de
notre effronté une instrumentation éclectique :derbouka et bendir pour Amar, saxo
pour Nicolas, de la guitare électrique avec Abdenour, Hervé à la batterie , Mokhtari au
violon ,Arthur au piano et EL Hachemi à la bass. Les musiciens ont habillé la voix de
Kadda de leur sensibilité musicale qui sexprime en rumba de Cuba, de flamenco, de
chaâbi marocain, de spleen bédouin et derrance tzigane. Jamais les musique du
monde (locution galvaudée) nont autant puisé dans le chant de la région, dans le
son de larrière pays.
15h00 : Déjeuner à
lhôtel. En entrée, petites boutades et taquineries : Kadda en est le point de
mire. avec son petit appétit et sa Bâdoit. Et revoilà servi à lheure du café le
débat sur la femme algérienne et linégal mais respectable partage des
tâches .
Amar et Abdenour sont de Bejaia et en heureux
voisins ils sen prennent parfois au "Feuilles mortes" version dielna
et ce entre deux Baba Hammouda que leur renvoie Nicolas
Vive image dune
intégration des plus suggestives, de même ordre que celle quoffre Hervé en
intégrant le groupe Zalamite, dont le leader nest autre que Abdenour, bassiste de
Kadda (sons maghrébins sur variation jazzy). Le phénomène nest pas unique
et quelques formations musicales algérienne en France tentent dinvestir
dautres cultures (comme Thalweg : nouvelle formation
"celto-berbère"), elles fuient le schème et sémancipent dans les
petites salles.
17h00 : La petite indienne du "Bangra
Star" lui trouve des allures de country man et il est vrai que Kadda possède un
charisme assez déroutant. Alors qui est celui que la presse française qualifie de
"Titi dOran oublié du raï" (Libération) ou encore dautodidacte du
Rai et personnage mi-candide, mi-briscard " (Nova)?
PlaNet DZ. : Vos débuts dans la musique ?
Kadda Chérif Hadria :Dans les mariages à Oran, juste hegda (comme
cela), pour dépanner ou par gosto
(plaisir)
Y a-t-il des traces dune carrière en Algérie ?
K. C. H. : Rien du tout. Ma famille sy opposait.
Comment on arrive jusquà
Paris ?
K.C.H. : Je my rendais souvent comme tout le monde. Puis jai rencontré
Chantal Perrin, ma compagne, qui ma poussé à entamer une carrière ici et enfin
Arthur Simon qui est à lorigine de lalbum.
Et actuellement, quels sont les
projets ?
K.C H. : On prépare un nouvel album qui devrait voir le jour vers la fin de
lannée
22h00 : Dans le hall d'entrée
était griffonné sur le tableau :
Festival is cancelled (annulé). Trop de vent et trop de pluie, et pas assez d'hooligan.
C'est l'heure de monter. Ca commence à démanger. Mouss (pianiste de Mami) se
dirige vers le piano de l'hôtel... Question de. Parce que. Les uns après les autres, ils le
rejoignent et s'installent
autour du piano à queue. The Bangra Star (India), Papa Wemba (Congo Zaïre), Mestre
Ambrasio (Brésil) se prêtent au jeu du langage universel : Dourbiha fut jouée et était de
circonstance pour cette ronde de nuit. Le festival a ainsi eu lieu et il a même été le lieu où l'on
"accorde" ses différences.
13h00: Paris. Gare du
Nord. Le voyage est fini.
Zineb Moussaoui
*Galb : cœur |