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L'actu. de PlaNet DZ
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Les autorités
veulent donner un second souffle au théâtre algérien moribond
Par Boubker BELKADI et selon AFP (16 avril)
Les autorités algériennes ont voulu donner un second souffle à un théâtre moribond en
rouvrant samedi soir en grande pompe le siège du Théâtre national d'Alger fermé depuis
1995 et entièrement restauré.Le chef du gouvernement, Ahmed Benbitour, accompagné de
toute son équipe, s'est déplacé pour inaugurer les nouvelles installations et "le
mois
théâtral" qui doit durer jusqu'au 15 mai, avec notamment la venue de troupes de
Tunisie, du Maroc, d'Egypte, du Liban et de France.
Baptisé du nom d'un des pionniers du théâtre algérien, Mahieddine Bachtarzi, l'ancien
"Opéra d'Alger", construit en 1853, a résonné pour la première fois depuis
plus de cinq ans des voix de jeunes comédiens de L'Ecole d'art dramatique d'Alger, jouant
une pièce célèbre de l'écrivain algérien Kateb Yacine, "Le cadavre
encerclé". Le même jour, était rouvert à Oran, la capitale de l'ouest, le
théâtre Abdelkader Alloula, fermé depuis trois ans, alors qu'à Annaba, à 600 km à l'est
d'Alger, le théâtre Azeddine Medjoubi, ouvrait ses portes après des travaux de
restauration.
Les dramaturges Alloula et Medjoubi ont été assassinés en 1994 dans des attentats
imputés aux islamistes armés.
Coïncidant avec le premier anniversaire de l'élection du président Abdelaziz
Bouteflika, cette relance de la culture à travers le théâtre, secteur qui a le plus
pâti de la violence islamiste, a été présentée comme un évènement important par la
télévision d'Etat qui lui a consacré toute la soirée de samedi.
Le marasme dans lequel baigne la culture en Algérie en raison de la mainmise du parti
unique sur toute la société s'est accentué depuis le début des violences islamistes en
1992. Comme tous les intellectuels, les dramaturges et les comédiens étaient menacés
par les islamistes qui ont assassiné les directeurs des théâtres d'Alger et d'Oran,
Medjoubi et
Alloula.
Plusieurs dramaturges et comédiens fuyant les menaces se sont exilés, notamment en
France où certains, comme Mohamed Fellag, ont réussi. Ceux qui sont restés se sont
tournés, pour vivre, vers des sketches ou des séries télévisés, comme les comédiens
du théâtre régional de Constantine (est).
Les islamistes intégristes considèrent le théâtre, le cinéma, la musique comme des
activités profanes et impies, de nature à éloigner les fidèles de la
religion.
Des comédiens et des auteurs interrogés par la télévision ont souhaité que cette
reprise ne soit pas "éphémère" et ne se limite pas à ce "mois
théâtral" inauguré par les autorités.Certains ont émis le voeux que la
restauration des salles de spectacle
touche également "les esprits et les mentalités" pour que le théâtre
algérien retrouve son activité et sa vivacité d'avant l'indépendance en 1962 et des premières
années de cette indépendance.
Les villes algériennes qui n'avaient déjà guère de tradition de soirées au théâtre
ou à l'opéra en raison notamment de problèmes de transports quasi-inexistants la nuit
se sont encore repliées sur elle-même depuis le début des violences islamistes et
l'"invasion" des paraboles, confinant les Algériens chez eux dès la nuit
tombée à zapper devant les écrans de
télévision. |
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