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Les Issiakhem, nobles mécènes.

Source El Watan du 28 novembre 2000.

Hier matin, Mme Orfali, directrice du Musée national des Beaux-Arts d’El Hamma d’Alger, a reçu officiellement un présent pictural inespéré et ô combien précieux.

Un événement à marquer d’une pierre blanche dans les annales de la culture algérienne et notamment de la peinture.

En effet, les héritiers du regretté M’hamed Issiakhem, l’illustre artiste peintre algérien, en les personnes de Mme Vve Issiakhem et de M’hamed et Younès Issiakhem, ont mandaté, par document de procuration attestant de la signature apposée de la famille du défunt, M. Mustapha Inal en vue de procéder à la remise d’une collection de tableaux signés du grand maître, et ce, à titre de donation artistique très importante au Musée national des Beaux-Arts.

Aussi, M. Mustapha Inal, a-t-il offert à titre posthume six superbes toiles, toutes empâtées à l’huile sauf une.
Cette cimaise impromptue recelant des œuvres de haute tenue esquissées en 1985 compte diverses toiles dont Grossesses, un tableau non signé par coquetterie. Car cette toile est un miroir d’une femme kabyle exprimant cette matrice algérienne. Une dualité reflétant la souffrance et la grandeur d’âme maternelles des femmes. Fillette II décline un portrait d’une extrême tristesse où le blanc et le bleu roi se disputent l’espace. Motifs berbères est un subjectile aux formes cubiques tout juste sorties d’un métier à tisser des cimes du Djurdjura. Ou encore Carré bleu, qui est une vraie découverte nous dévoilant une autre facette tactile de M’hamed Issiakhem. Une œuvre dont le matériau est le sable. Un relief à la fois au brun massif et doré dunaire.

A propos de ce cadeau «inattendu», Mme Orfali déclarera : «C’est un excellent exemple nous prouvant que le musée demeure un lieu approprié et idéal pour l’exposition et la conservation des œuvres du patrimoine national.

Cette donation est une belle leçon d’humilité et d’amour de la nation comme l’éprouvait le défunt M’hamed Issiakhem.» Le représentant du ministère de la Culture, M. Khlifa, directeur du patrimoine culturel, a quant à lui abondé dans le même sens :
«C’est un geste hautement symbolique. C’est dire que les gens commencent à prendre conscience de l’importance de la culture. Cette donation de six œuvres d’Issiakhem, il est évident que cela va inciter d’autres personnes à léguer leurs collections de grands maîtres en leur possession. Issiakhem était quelqu’un de très généreux avec un amour incommensurable pour l’Algérie. Ces œuvres seront classées, officialisées, protégées et préservées.»

Par K. Smail