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MOHAMED HILMI PRÉPARE UNE SÉRIE TÉLÉVISÉE
POUR LE MOIS DE RAMADAN. Liberté du 12 octobre.

Le retour de Minouche

Imaginée sous l’intitulé des Aventures satiriques la série écrite réalisée et interprétée par Mohamed Hilmi compte dix épisodes indépendants, défendus par une distribution d’artistes puisés dans pas moins de quatre générations du théâtre algérien.

S’il est des personnages dont l’élégance princière transcende volontiers les situations indélicates que supposent les temps mutants qui courent aujourd’hui le monde de la culture en Algérie, notre Sonia nationale en fait sûrement partie. Entière et splendide, celle qui fit battre les planches du TNA sous le talon ferme et mesuré de la femme "révolte", la femme "espoir", mais aussi, la femme"volupté", consécutivement dans Hadria Wel Hawes, et Nuit de divorce troque donc le proscenium du quatrième art pour
la télévision le temps d’une série. Quel spectacle bien singulier que de la voir et pour ainsi dire boire des yeux des séquences en life de la lady nationale des planches donnant la réplique à un Hilmi sur le retour au quatrième étage d’un immeuble du boulevard Mohamed V.

Singulier aussi est ce sourire qu’elle tire au clair, ce mot sarcastique qu’elle sème sans méchanceté pour tempérer la rigueur du réalisateur résolument attaché à des méthodes de travail que nous dirons classique.

Comme une voyageuse clandestine entre réalité et fiction, Sonia, met subrepticement et simplement de la vie dans le feuilleton de Hilmi. C’est tout un cinéma que de la voir surfer littéralement sur les séquences. Et à propos de cinéma, offrons une petite digression pour dire qu’elle défendra, dès le printemps, le rôle principal du nouveau film de Beloued, le réalisateur de França ya França. Pour le moment, elle n’en dit pas plus et ramène la discussion sur le tournage de Hilmi.

Pour son retour à la réalisation, Hilmi, qui se trouve être aussi, l’auteur de deux ouvrages intéressants sur l’histoire du théâtre national veut frapper fort et surtout différent.

Pour ce faire, il met à participation quatre générations du théâtre national parmi lesquels le spectateur reconnaîtra Mustapha Kasdarli et son épouse pour la génération post-indépendance, Douja pour les années 1970, Sonia pour les eighties et enfin, une charmante recrue du nom de Radhia puisée dans la toute dernière génération d’artistes fraîchement sortis de l’institut d’art dramatique de Bordj-El Kiffan.

Cette distribution devrait donc défendre dix épisodes d’une série de sketches sociaux humoristiques nés sous la plume d’un Hilmi qui nous revient plus jeune que jamais. Verdict après le ramadan.

A H. du quotidien algérien Liberté