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MOHAMED…le
petit Palestinien
C’est
à toi, Mohamed, que sont dédiés ces vers.
Je
ne te connais point, mais ne peux d’un revers,
Oublier
ton visage encor plein d’innocence
Meurtri
injustement, sans raison ni décence
Par
des usurpateurs, arrogants et cruels,
Qui,
dans passé proche ne furent point les bels,
Oubliant
aujourd’hui les souffrances d’hier,
Et
se vengeant à tort sur toi, enfant fier,
Que
la mort a ravi, peut-on dire, au berceau
Sans
justice pour toi, jeune et beau lionceau.
Je
ne te connais point, mais ne peux oublier
Tes
sanglots sous les feux que l’on ne peut nier,
Ceux
de l’enfant candide, innocente victime
De
l’injustice aveugle, impitoyable, ultime,
Des
adeptes du Mal, féroces, sans pitié,
Égorgeant
sans raison ton peuple, de moitié,
Pillant
sans vergogne, ses terres, ses maisons,
Ne
lui laissant ainsi, pour de fortes raisons,
Que
le choix des pierres, en combat inégal
Contre
la mitraille, les canons de Tsahal.
Je
ne peux oublier, et me souviens encor
De tes derniers sanglots, qui
sonnent comme un cor
Aux oreilles d’un monde
aveugle, sourd, muet,
Qui n’écoute, inique, sans
voir l’enfant fluet
Que d’un côté unique, des
Sirènes les chants
De ceux qui ont force, ceux
appelés puissants.
Je revois ton visage étreint
et mortifié
Par la peur de mourir, caché avec pitié
Par un père impuissant, arborant drapeau blanc
Sans espoir et en vain, protégeant
sous son flanc
Ton petit corps frêle, tremblant et terrifié
Effarouché, hagard, frémissant, horrifié
Ne trouvant point refuge et n’ayant point de choix
Que d’attendre la mort, qui
éteindra ta voix.
Soudain le jet fatal, ce jet
du misérable
Te touche de plein front, toi
l’enfant adorable.
Tu croules, inconscient, de
sang tout maculé,
Tes yeux fermés déjà, sur
ce monde souillé
Ne s’ouvriront jamais que dans un au-delà
Où n’a cours l’assassin, que tu désignes là.
Tu n’iras plus jouer, comme tous les enfants
Tu ne rentreras plus pour
baiser tes parents.
Adieu, pour toujours, Mohamed,
mon petit,
Je ne t’oublierai que si
Mort nous unit.
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