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Rachid Taha nous offre "Made in Medina"
Barclay/Universal. Sortie : le 3 octobre 2000

Il existe un site "Fan club de Rachid Taha"
Retrouvez, également, des infos sur cet artiste sur le site d'Universal Music

«En ville, je m’égare, je perds mon âme,
je suis un étranger, je suis groggy».
Rachid Taha.

«Made in Medina», le cru Rachid Taha 2000, s’est mûri dans un zigzag tri-continental étalé sur un an ou presque.
Dans l’ordre, maturation à Paris, gros œuvres à Londres, suppléments d’âme à Marrakech et New orléans. Ces deux dernières villes ont en commun des esprits qui échappent à la raison pour mener jusqu’à la transe.
Les rituels des gnawas du Maroc et du vaudou de Louisiane ont poussé sur racines voisines d’Afrique noire. Cette recherche d’une certaine spiritualité, d’une redécouverte de soi, affleure par petites touches. De groove « gris-gris » néo-orléanais en chœur féminin débridé ( celui de B’net Marrakech, une sorte de gospel chérifien), Rachid touche plus au jubilatoire qu’à l’ethnologique, voire au mystique.

Suivez le guide, en onze plages, il vous pilote dans « sa Medina » grande comme la terre. Pour ce voyage a rebondissement, il a retrouvé Steve Hillage, son compagnon périodique depuis 84. Entre eux, un postulat commun contre une démarche world bien pensante : pas de condescendance face au folklore ni de posture globe-trotter, aucun son n’est intouchable ni sacré.

Pour draper, cet album, une cohorte de musiciens, d’ici, de France, d’orient, du grand ouest et de tous les suds. Un unique invité de marque, Femi Kuti, cette autre Afrique que Rachid (qui jadis a souvent cotoyé Fela), a voulu vocalement présent. Une chanson en francarabe, à la manière des Cheikhs du raï des années 40, où les mots tout simples se lovent sur de poignants violons en boucles.
Des chocs climatiques de sentiments contraires, ou «Foqt Foqt», coup de gueule contre mensonge et duperie, précède « Aïe aïe aïe, ode à l’insouciance. Et en clôture, une incitation à la transe avec orbite spirale bienheureusement oublieuse des formats.