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700
000 femmes avouent subir toutes sortes de sévices dans leur famille
Source : La
Tribune du 4 mars 2001
Par Chahla Chettouh
Environ la moitié de la population algérienne
(48%) déclare connaître dans son proche entourage familial des épouses
battues par leur conjoint. 75% sont favorables à l’exercice d’une
tutelle conjointe, du père et de la mère, des enfants. 89% estiment que
la femme divorcée qui a la garde de ses enfants doit rester au domicile
conjugal. 51% de ces personnes pensent que la polygamie devrait être
abolie.
Ces chiffres sont, en fait, les tout premiers résultats d’un sondage réalisé
par le collectif 95 Maghreb- Egalité sur un échantillon de 1 220
personnes (hommes et femmes de 18 ans et plus). Le collectif, qui regroupe
des associations féminines de l’Algérie, du Maroc et de la Tunisie et
des personnes militantes des droits des femmes, a saisi l’occasion du 8
mars, la Journée mondiale de la femme, pour donner un avant-goût des
actions qu’il a entreprises en tant que mouvement féminin maghrébin
qui lutte, depuis 1992, pour le respect des libertés collectives et
individuelles et la non-discrimination entre les deux sexes aussi bien
dans la vie publique que privée.
Lors d’une conférence de presse organisée, hier, à la maison de la
presse Tahar Djaout, les représentantes de ce collectif ont précisé que
les résultats finals de ce sondage intitulé «le degré d’adhésion
sur les valeurs égalitaires dans la population adulte algérienne»
seront annoncés au mois de mai 2001, sous forme de publication.
«Ce sondage, mené conjointement avec un autre effectué au Maroc
toujours sous l’égide du collectif 95 Maghreb-Egalité, s’inscrit
dans cette volonté de fournir un outil de travail pour notre ONG,
mais aussi toutes les autres ONG travaillant pour les droits des femmes,
quel que soit leur domaine d’intervention», explique l’une des représentantes
de ce mouvement. Pour en revenir au sondage, une autre a tenu à préciser
que l’échantillon a été élaboré par la méthode des quotas. Les
variables de quotas retenues pour cette enquête ont été l’âge, le
sexe, le niveau d’instruction, la région et la strate.
Parallèlement à ce sondage, les représentantes de ce mouvement
affirment que plus de 700 000 femmes, de 18 ans et plus, rencontrées
avouent avoir subi toutes sortes de sévices dans leur milieu familial.
Sur les 15 millions (hommes et femmes) auxquels on demandait s’ils ont
eu à exercer une violence physique sur leur sœur, épouse ou autre, deux
millions ont répondu par oui.
C. C.
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