|
Par F.
Y. du quotidien Le
Matin daté du 3 mars 2001
Après une campagne
similaire en 1998, c'est depuis le début du mois d'octobre dernier que
commence, on ne sait à quels desseins, la série des arrestations des
couples pris en « flagrant délit d'amour ».
Sans distinction, des couples sont interpellés pour, dit-on, attentat à
la pudeur en application de l'article 333 du code pénal qui prévoit un
emprisonnement de deux mois à deux ans et une amende de 500 à 2 000 DA
pour « outrage public à la pudeur». Seulement, l'interprétation de ce
même article ne semble pas faire l'unanimité.
Raison pour laquelle bien des couples avaient été relaxés par la suite
pour manque de preuves. Les lieux ciblés sont les Bois des arcades de
Riadh El Feth, Bouchaoui, Baïnem, Palais de la culture Après vérification
des papiers, les couples interpellés sont conduits manu militari aux
postes de police où on leur fera signer des PV dont ils ne peuvent vérifier
le contenu.
Le mardi 10 octobre, à 13 h, opération ramassage au Bois des arcades qui
se poursuivra sur plusieurs jours justifiée par « des plaintes des
habitants des quartiers avoisinants ». Vingt-deux couples ne dépassant
pas les 25 ans seront mis sous mandat de dépôt en trois jours. Ils
seront traités comme de vulgaires assassins subissant des humiliations
pendant une semaine dans les prisons de Serkadji, pour les hommes, et d'El
Harrach pour les femmes.
Une audience à huis clos est prévue au tribunal d'Alger le 15 octobre et
qui sera reportée au 26 novembre en accordant la liberté provisoire aux
mis en cause.
A rappeler que ceux relâchés pour manque de preuves ont également été
convoqués à comparaître au tribunal d'Alger. Le jour J, le procès a
lieu en public suite à la décision du procureur après que la presse
s'est « emparée » de l'affaire. C'est devant une salle archicomble que
les « accusés », une douzaine de couples, se sont succédé au box pour
répondre à des questions pour le moins embarrassantes. La relaxe sera
prononcée pour tous. Un autre couple, d'un certain âge cette fois-ci,
est interpellé par la gendarmerie le 5 octobre dernier à Sidi Fredj pour
avoir osé se balader main dans la main au bord de la plage. Il sera
convoqué à comparaître au tribunal de Chéraga le 21 janvier. Le procès
prévu à huis clos sera reporté au 4 mars courant suite à la demande de
la défense. A préciser qu'à la question de savoir d'où vient l'ordre
de ces arrestations, aucune réponse n'est donnée ni de la part du ministère
de l'Intérieur ni de celui de la Justice, et encore moins de la DGSN.
Face à ces graves atteintes aux libertés individuelles, des représentants
de la société civile ne sont pas restés indifférents. C'est ainsi que
des moudjahidate s'étaient présentées à notre rédaction pour dénoncer
le « harcèlement des couples ».
F. Y.
Note
de PlaNet DZ : Les couples seront finalement acquittés...
|