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L'actu. de PlaNet DZ
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Takfarinas
Cette semaine nous avons souhaité
vous présenter l'Espace Franco-Berbere, une association basée à Créteil (94)
et présidée par Nora Cheddad.
Hamida membre du comité de rédaction et membre actif de l'association a
réalisé l'interview de Takfarinas pour Azul La Gazette de
l'association. Nous avons souhaité reproduire cet interview pour permettre à
tout les fans de Tak, à travers le monde, d'en bénéficier.
Retrouvez Takfarinas, Na Aldjia Matoub (la mère de Lounès), le groupe Yenni et
les danseuses Tounsia lors de la soirée organisée par l'association pour la
célébration du Yennayer, le nouvel an berbère, le samedi 27 janvier à
Créteil.
Les détails de la programmation sont dans la rubrique sortir.
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La « Yal »
de Tak
Par Hamida de l'EFB
Il
est né à Tixeraïne, son mandol a 2 manches et il est co-fondateur du
groupe Agraw. C’est un
auteur, compositeur, interprète , vous le connaissez bien sûr c’est
TAKFARINAS.
Il chante la fête, l’amour, la destinée, le village, la crise, le rêve,
l’espoir, d’une façon moderne comme pour réinventer la chanson
kabyle. Son concept musical a la particularité de se tourner à la fois
vers la tradition kabyle et vers la Funk, le Rap, le Reggae et le Châabi :
c’est la «Yal Music»
.
Ce chanteur au nom de guerrier berbère est notre rock star et nous en
sommes fiers.
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Voici pour vous, notre
interview…
EFB :
Tu nous autorises à t’appeler TAK, peut-on en savoir un peu plus sur ce nom
d’artiste…
T :
J’ai choisi « TAKFARINAS » il y a 22 ans. Ce prénom peut évoquer
la guerre mais moi je suis contre les tueries. C’est un prénom qui me plaît
parce qu’il est beau, il sonne bien et il est vraiment à NOUS ! les
Romains l’ont façonné – car à la base il se prononçait autrement –
merci à eux !
EFB :
En France comme en Algérie, ta carrière « explose », ton image est
connue, ton style reconnu : que symbolises-tu à ton avis ?
T :
Il m’est difficile de parler de moi. Parmi mes valeurs, je parlerais de mon côté
perfectionniste : ce que je veux c’est du
cent pour cent et quand je sors des studios d’enregistrement il est 3
heures du matin. Si c’est nécessaire je répète 50 fois de suite. J’ai du
caractère et si mon travail est fait à moitié, ça me rend malade…
d’autre part mes aïeux sont « Yalistes », ce sont tous des
artistes et je n’ai appris ni notes ni accord. Chez moi c’est inné, voilà
pourquoi je dis que je suis la Musique. Même ma façon de travailler surprend
car chez moi tout est naturel.
EFB :
Tu as quitté l’Algérie il y a 20 ans pour rejoindre la France.
Tu sembles très attaché au quartier d’où tu viens. Parles nous de ce
microcosme situé à 5 minutes d’Alger et où personne n’aurait l’idée de
s’exprimer autrement qu’en kabyle…
T :
A Tixeraïne, personne ne parle l’Arabe, tout le monde parle kabyle. C’est
un endroit où les gens sont soudés et où tout le monde protège l’autre. Ce
quartier me manque beaucoup car j’y ai tout appris… Dans les années 70,
lorsqu’on prenait le bus on osait s’exprimer en kabyle. C’était mal vu et
on nous observait car on dérangeait. Alors on parlait encore plus fort notre
langue… on se battait contre le système.
EFB :
Tu nous fais le plaisir de venir à Créteil célébrer Yennayer avec nous :
que réserves-tu à ton public de Créteil le 27 janvier prochain ?
T :
Si je viens, c’est pour chanter et ce soir là, je donnerai tout :
c’est ma nature ! Sur scène, ce qui se passe c’est magique, spirituel.
Parfois alors, mon public se déchaîne et là, il m’arrive de pleurer de
joie. Si le public réagit ainsi c’est que je transmets dans le cœur des gens
quelque chose qui fait qu’ils ne se contrôlent plus. Moi-même sur scène je
ne me contrôle pas : je ne suis plus moi, je suis « guidé »
en quelque sorte…
A Créteil ça va déménager…
EFB :
Des parents et des grands-parents seront nombreux à ce concert : Quel
message aimerais-tu leur transmettre ?
T :
Aux mères, à nos mamans, je voudrais dire merci. Merci beaucoup de nous avoir
transmis Tamazight. Je voudrais aussi leur demander de continuer à parler et
sauvegarder la langue berbère.
Aux personnes âgées je dirais que j’attends d’elles qu’elles me
racontent tout : ce qu’elles ont vu, ce qu’elles ont vécu, leur façon
de voir la France, de voir l’avenir de nos enfants en Europe.
EFB :
Depuis le début de notre entretien, tu insistes sur la nécessité de se battre
pour réussir… s’agit-il d’un combat autour de Tamazight ?
T :
Je l’ai dit partout, je le répète ici : on a une place sur terre, alors
il faut, pour atteindre ses objectifs, travailler. Il ne faut pas discourir, il faut agir !
Tant qu’on existe il faut garder l’espoir et se donner la peine de
travailler. Travailler pour cette langue qui est la nôtre. A la maison, les
parents doivent parler kabyle…Une anecdote : quand je suis dans la rue et
que j’entends parler kabyle, je suis tellement ému que je m’arrête. Pour
moi, parler kabyle à la maison c’est très important mais le parler dans la
rue c’est magnifique. Cet effort c’est à nous de le faire. Cette langue est
essentielle sinon il n’y aura plus d’Amazigh.
L’amazighité c’est l’histoire et la langue.
EFB :
L’Espace Franco-Berbère existe et agit depuis plusieurs années : quelle
doit être sa priorité selon toi ?
T :
Le problème à mes yeux c’est le cas des kabyles nés en France, en Europe.
Ils ne comprennent pas ou ne parlent pas leur langue. Les associations doivent
permettre d’apprendre la langue berbère sinon elle mourra. Cela fait 14 siècles
que nous n’apprenons pas notre langue à l’école. On s’est réveillé très
tard mais si on veut on peut y arriver, cette langue on peut et on doit l’écrire.
Propos
recueillis par HAMIDA
de l'Espace Franco-Berbere.
Source : «AZUL» La Gazette de l’Espace
Franco-Berbère.
Numéro 1 – décembre 2000 – Comité
de rédaction : Nora CHEDDAD et HAMIDA.
Edition : HOURIA.
Contact : 19
Place des Alizés 94000 Créteil. Téléphone : 01 43 77 61 93
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