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LES CENDRES DU CINÉMA ALGÉRIEN
Au plus offrant
Par FETTAR AWATEF de Liberté (24 janvier 2001)

"La commission de liquidation des entreprises publiques dissoutes procédera à la vente aux enchères publiques verbales avec admission de soumissions cachetées de plusieurs lots provenant des actifs de l’ENPA, l’ANAF et le CAAIC". Cet avis, paru le 16 janvier dans un quotidien national, est apparemment passé inaperçu, à se demander si quelques personnes ne l’ont pas lu avec délectation.

Désormais, le matériel acquis dans le temps par l’ONCIC, prédécesseur du CAAIC – dont les véhicules militaires, anciens modèles, qui ont été utilisés pour le tournage de films reconstituant des faits historiques – est mis en vente au plus offrant. Récapitulons : en 1998, le cinéma algérien connaît, subit la mort par décret avec la fermeture des trois organismes ANAF, CAAIC, ENPA qui permettaient, jusque là, un minimum de productions. Le matériel vidéo est récupéré par l’Unique, contrairement au matériel cinéma qui est mis sous scellé; un liquidateur est alors chargé de vendre ce matériel qui devient encombrant; les locaux sont investis par de nouveaux locataires autres que les hommes du septième art. Parlons-en de ces hommes qui dépérissent, des techniciens et des cinéastes mis au chômage ou partis à la retraite et qui ne savent que faire quand ils ne sont pas à côté d’une caméra ou d’un projecteur. Les faits sont là, il y a une indifférence flagrante quant au devenir du cinéma algérien, un cinéma qui a été, pendant des décennies, le reflet d’un pays, de temps, bouillonnant.

Disons-le haut et fort, il n’existe pas de volonté politique à rétablir une culture cinématographique qu’on s’acharne à immoler.

FETTAR AWATEF