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L'actu. de PlaNet DZ
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Avoir 20ans à Alger
Par Zineb Moussaoui
Devant le café de Brahim où il
ne manque plus que la chanson de Guerrouabi "ils se souviennent des parties
de pêche à Deux Moulins, du Vieil Alger, des soirées fleuries de jasmin, au
frais des dalles…bal des étudiants… ils avaient 20ans."(A.Chouaki)
Ils peuvent jaser hargneusement et s'enorgueillir tendrement d'avoir eu le
bel âge à l'âge d'or.
Aujourd'hui avoir 20 ans à Alger, c'est tenter, avec la même hargne,
d'accéder à une jeunesse libre d'être à l'image des attentes de
chacun, d'un chacun pour soi et non d'un chacun pour tous.
Alors jaser encore…
Sûrement plus qu'un pourcentage, les jeunes sont un physique et une
gestuelle qu'on ne peut manquer, seulement vu d'ici, cela paraît
impensable.
Or pour avoir une idée de ce que l'on refuse de voir, il existe la
photographie, impensable mais "prenable": l'image est là. |
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De la photographie
C'est tout le projet
d'Avoir 20 ans à Alger, un cahier de photos signées Bruno Hadji, précédé
d'un texte d'Aziz Chouaki..
Plus que des lieux ce sont des ambiances et un mouvement qu'Hadji donne à voir.
Pas d'orgie de couleur, de ciel bleu, de soleil, pas d'écume et pas d'arcades
mais…des corps et des scènes de vie, des histoires de couples et de groupes
ignorant l'Histoire.
Y'a ceux qui fixent et ceux qui passent, les ombres et la lumière.
C'est Alger dans toute sa fugacité: le jardin d'Essai, Moretti, Ain Nahdja, la
Casbah, le cabaret Koutoubia, El Hamma, Belcourt…des isoloirs et des parloirs,
des présentoirs pour les "occidés"qui croient que la jeunesse a pour
genèse le maquis.
L'auteur offre un regard, une
vision : c'est un travail d'écriture qui n'a ni la prétention ni le but de définir
le cheb ou la cheba, encore moins d'en dégager la praxis.
Surtout ne cherchez pas à reconnaître le lieu:"Yah! C'est la Grande
Poste! L'école des Beaux Arts!". Ce n'est pas un relevé topographique:
l'espace à chercher est celui qui irradie des corps et de leur agencement, des
objets et de leur distribution dans l'espace.
Du texte
A la gestuelle et au corps
s'ajoute l'acte de la parole et en ce sens le texte d'Aziz est cruel de vérité
: de l'amour, du foot, du "foin" et des casse-croûtes. Du quotidien
qui laisse encore perplexe. Tahya! la vie dans la cité qui impose ses figures
et ses figurines, ses hidalgos gominés et ses effrontées d'Emilie Brönté.
Ca se passe comme ça à
Alger: "Baisers incognito" au parc zoo, sirotage et trémoussage au
salon de thé, débandade au cabaret Koutoubia, rixe bon enfant entre Saîd di
Caprio et Omar Tchapa, le tout sur fond de "Clio hurlante de Raï"."Alger,
capitale mondiale de l'embrouille".
La cité est l'espace
choisi par l'écrivain pour rendre compte d'une jeunesse qui se fout d'avoir
"la baie à ses pieds", encore plus des festivités du millénaire. Ce
qu'elle veut, de toute manière, tout le monde s'en fout: elle n'est qu'un
pourcentage.
Avoir 20 ans, ce n'est peut-être
qu'une histoire de quartier (la cité contre la villa), de région (les
"16" contre les "09"), une histoire de fric (les FF contre
les Dinars).
Zineb Moussaoui
Bruno Hadji et Aziz Chouaki, Avoir
20 ans à Alger,
Ed Alternatives, 80 F
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