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Paris, le 28 janvier 2003

Slimane Azem

Le 28 janvier 1983, il y a vingt ans donc jour pour jour, Slimane Azem disparaissait.

Il mourrait en exil, dans l’exil qui était devenu pour lui un espace physique, n’ayant jamais revu son village natal de Kabylie auquel il était tant attaché et auquel il a dédié les plus belles de ses complaintes. Mais sa mort physique n’a pas fait taire sa voix fondatrice. Jamais, comme depuis son décès, Slimane Azem n’a été autant parmi nous. De jeunes chanteurs kabyles revisitent son répertoire, toujours aussi actuel.

Des universitaires et des journalistes partent à la découverte de la biographie de cet artiste emblématique de la Kabylie, terre millénaire et pourtant résolument jeune.

Slimane Azem demeure un symbole car, dans sa chair d’artiste sensible aux pulsations de la vie, il a incarné avec amour et humour, avec bonheur et douleur, l’enracinement à une langue et à une culture minorée mais impérissable. Homme de son époque, il a aussi reçu les éclats d’incompréhension des périodes troubles.

Il demeure cet artiste ancien et moderne, à mi-chemin entre le barde erratique comme Si Mohand U M’hand qui portait sa parole partout où la dignité voulait rester debout et l’homme de radio : poète et leader d’opinion.

Victime de l’ostracisme du pouvoir algérien, qui interdisait ses chansons, il a été relégué dans l’exil, rejoignant cette culture berbère qu’il voulait promouvoir, tenue,  elle aussi, dans l’exil intérieur. Mais comme l’histoire ne pardonne pas aux tyrans,  aujourd’hui,  demain, après demain, on se souviendra encore de Slimane Azem. Mais personne ne retient le nom d’un seul de ses censeurs.

 

Association de Culture Berbère (Paris)
acb@noos.fr