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Le
28 janvier 1983, il y a vingt ans donc jour pour jour, Slimane Azem
disparaissait.
Il mourrait en exil, dans l’exil qui était devenu pour lui un
espace physique, n’ayant jamais revu son village natal de Kabylie
auquel il était tant attaché et auquel il a dédié les plus
belles de ses complaintes. Mais sa mort physique n’a pas fait
taire sa voix fondatrice. Jamais, comme depuis son décès, Slimane
Azem n’a été autant parmi nous. De jeunes chanteurs kabyles
revisitent son répertoire, toujours aussi actuel.
Des universitaires et des journalistes partent à la découverte de
la biographie de cet artiste emblématique de la Kabylie, terre millénaire
et pourtant résolument jeune.
Slimane Azem demeure un symbole car, dans sa chair d’artiste
sensible aux pulsations de la vie, il a incarné avec amour et
humour, avec bonheur et douleur, l’enracinement à une langue et
à une culture minorée mais impérissable. Homme de son époque, il
a aussi reçu les éclats d’incompréhension des périodes
troubles.
Il demeure cet artiste ancien et moderne, à mi-chemin entre le
barde erratique comme Si Mohand U M’hand qui portait sa parole
partout où la dignité voulait rester debout et l’homme de radio :
poète et leader d’opinion.
Victime
de l’ostracisme du pouvoir algérien, qui interdisait ses chansons, il
a été relégué dans l’exil, rejoignant cette culture berbère
qu’il voulait promouvoir, tenue,
elle aussi, dans l’exil intérieur. Mais comme l’histoire ne
pardonne pas aux tyrans, aujourd’hui,
demain, après demain, on se souviendra encore de Slimane Azem.
Mais personne ne retient le nom d’un seul de ses censeurs.
Association
de Culture Berbère (Paris)
acb@noos.fr
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