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L'actu. de PlaNet DZ

 

                                            

        

 


Les frères Binobin ont enfin trouvé un ailleurs musical où ils n’auraient pas à choisir entre leurs deux
cultures, occidentale et orientale. Où les bendirs et karkabous n’auraient pas besoin de visas
pour côtoyer guitares et saxophones.
 


BINOBIN - l'Album
Sorti en France le 6 novembre 2006
Produit par KASBAH-SUR-SCENE

Entourés de la fine fleur des musiciens de la scène "world",
BINOBIN a aussi bénéficié du soutien bienveillant de Guests
tels que Ray Lema, Etienne M'Bappé, Nasredine Dalil ou encore Claude Salmieri.

Une invitation à un voyage mélodique et rythmique dans un univers
 où les chansons s’expriment en Frarabe.

Bienvenue dans l'univers du Gnawa Groove et du Marock'n Pop !

 


A VISITER :

Le site officiel de BINOBIN

Video sur YOUTUBE

Le Blog


QUELQUES ECLAIRAGES SUR LES TITRES DE L’ALBUM :
L’album éponyme de BINOBIN s’ouvre sur le bruit d’une théière (« Berrad ») pour une dégustation de thé à la menthe. Ce moment de partage, véritable « madeleine de Proust » pour les nord-africains, est une invitation à un voyage métissé à travers quelques styles et genres musicaux du Maghreb.

Les démarches de fusion sont multiples mais celle de cet album peut peut-être s’analyser à travers un fil conducteur : celui de la cohabitation et du dialogue entre des instruments « connus » (tels que guitare, basse, batterie, saxophones, clarinette ou accordéon) et d’autres plus « spécifiques » à l’Afrique du Nord tels que karkabous, bendir, taârija ou tbilat. En fait, l’album se décline en 8 titres originaux, ponctués par 5 interludes à base d’ambiances sonores des souks et des rues populaires. Ces intermèdes sont également l’occasion de présenter dans leur état le plus brut, les quatre instruments « traditionnels » sus-cités en terminant par le plus naturel et le moins coûteux d’entre tous : les mains ! A l’instar des « palmas » dans le flamenco, elles sont utilisées de façon assez spécifique au Maghreb, à travers des polyrythmies bien caractéristiques de cette région du monde. Le guembri (sorte de basse percussive), est un autre instrument qui traverse de manière transversale et presque subliminale cet album, via le jeu de basse.

Par ailleurs, les thèmes abordés dans les chansons sont pour la plupart universels bien que le ton oscille entre ironie et mélancolie « positive ». Quant aux textes, ils sont écrits en « Frarabe », une sorte de créole, de langage parlé, mixage fluide entre le français et l’arabe maghrébin.

1 - Intro : Tbilat à Settat
Ce premier titre « ambiance » est une invitation à entrer dans l’univers de Binobin. L’instrument vedette étant les Tbilat, sorte de bongos du Maghreb qui ont été popularisés dans les années 70 par des groupes mythiques tels que Nass El Ghiwane, Jil Jilala, Izenzarn ... Nous pouvons également entendre le son du Guembri, qui est l’instrument du Maâlem, ou Maître dans la musique des Gnawas. Ces derniers sont une confrérie de descendants d’esclaves d’Afrique de l’Ouest (ancienne Guinée).

2- Mamati
Cette chanson est au carrefour de trois genres musicaux : la Pop Music à travers les harmonies et les timbres des cuivres et du clavier. La musique Africaine (sub-saharienne) à travers la ligne de basse, la batterie et les guitares. Le Maghreb via le rythme ternaire Agnaw des tbilat et des karkabous, ainsi que le chant en chœurs africains et couplets oscillant entre chanté et « rapé ».

Le tempo de ce morceau est faussement lent, à l’image de Mamati, faux «fainéant» qui revendique son droit à la paresse, n’en déplaise à tous ceux qui l’entourent.

3- Chibani
Ce titre commence par une mesure de Bendir, question d’installer sans ambiguïté cet instrument dans l’espace sonore. Tout au long du morceau, les karkabous tournent inlassablement sur le même rythme des gnawas, tandis que la basse et l’accordéon tricotent sans fin des notes sur le canevas harmonique où les accords varient de manière relativement rapide.

Nous pourrions rapprocher le contraste entre le dépouillement de la batterie et la vivacité de la basse, des deux facettes du personnage dont parle la chanson. Un chibani (un vieil homme) qui a une facette classique de sage et une autre d’homme frivole.

4- Karkabous au Souk de Carcassonne
Sur un fond sonore où l’on entend des vendeurs à la sauvette (peut-être au Souk de Carcassonne au 8ème siècle !), le même thème de Chibani est décliné mais de façon très dépouillée. Les karkabous, instrument phare des Gnawas, nous invitent à la transe.

5- Kasbah-sur-Seine
La première ballade de l’album commence par un thème joué à la clarinette et doublé par l’accordéon. Les karkabous se font plus discrets pour laisser libre cours au jeu de cymbales. Tout en restant sur le même rythme, qui peut rappeler un Chaâbi (au sens algérois) joué en ternaire (12/8) les arrangements font petit à petit basculer le morceau vers un esprit proche des Gnawas, avec des envolées tziganes vers la fin. Fin, où viennent s’enchevêtrer tous les instruments ainsi que des voix en canon … et une clarinette contre alto qui bourdonne !

Le rêve de l’auteur est utopique mais assez explicite : un endroit où les kasbahs côtoieraient la tour Eiffel et où les bendirs se mêleraient aux guitares …


6- Bled Boy
Une autre ballade qui commence par un saxophone soprano en rubato. La taârija intervient alors sans arrêt sur le rythme marocain Aïta, qui est à la base de tout un genre qui s’appelle également Bidaoui ou Chaâbi (qui signifie littéralement « populaire ») mais qui n’a aucun lien avec son homonyme algérien. La fin de la chanson, nous entraîne de manière fluide et naturelle vers un autre ternaire Gnawa par le jeu de la basse et par l’introduction des karkabous avant que les cuivres ne rajoutent une touche plus « occidentale » sous les youyous et les choeurs.

Cette chanson parle de la vie d’un Bled Boy, qui est considéré davantage comme un immigré que comme un expatrié. Quelqu’un pour qui l’exil est forcé et les jours difficiles.

7- Mister Bendir ou la Secousse au Souk
Ici c’est au tour du Bendir (joué sur le même rythme Aïta de Bled Boy) d’être présenté sur fond de vendeur ambulant de poisson.

8- Entretien avec un Bendir
Tout ce morceau est basé sur une combinaison entre un rythme binaire de l’Atlas joué au Bendir, un rythme des Gnawas aux karkabous et des arrangements latinos, avec une utilisation décalée de l’accordéon. Un saxophone ténor improvise après le point d’orgue sur des vagues de musique latino-maghrébine, elles-mêmes sous-tendues par un riff de 8 mesures de guitares qui tournent ad lib.

Le texte est une sorte de compte-rendu d’un entretien avec un Bendir, métaphore pour désigner l’être humain. « Heure de La Havane, ou heure d’Agadir, Y a toujours quelqu’un qui tape sur un Bendir »


9- Assi
Avant que le Bendir entre sur un rythme ternaire de l’Atlas, le titre débute par le Tabla et un son de crotales, auxquels s’ajoute un thème de cuivres joué à la manière de fanfares marocaines. Le piano est aussi présent que sur Kasbah-sur-Seine et insiste à chaque refrain sur la couleur pentatonique qui rappelle l’Extrême-Orient et surtout … le Souss marocain !
L’ami Amal rêve d’un monde sans passeports ni a priori, où il serait considéré juste comme un citoyen du Monde.

10- Miss Taârija ou l’Achoura à Dcheïra
La Taârija est l’instrument traditionnel qui inonde les souks le jour de l’Achoura, laquelle est une fête célébrée le 10ème jour de l’année musulmane. Pendant les jours de commémoration, les enfants reçoivent  des cadeaux et … des taârijas. A Marrakech, il y a même des concours de rythmes à base de batteries de cet instrument de percussion.

11- Galbi
Ce titre commence avec des congas en anacrouse. Suivent ensuite la ligne de basse et les flûtes, omniprésentes, que complètent des nappes de claviers et des guitares jouées en trille pour un clin d’œil au Qanoun (sorte de cithare arabe sur table). Sur le même rythme de Aïta que Bled Boy, le pattern de batterie est différent et la ligne de basse change au milieu pour donner une impression d’accélération, qui oriente le morceau vers un esprit Gnawa.

La chanson est une complainte d’une personne qui, malgré ses impressions négatives sur son époque, fonde tous ses espoirs sur le lendemain.

12- Koutchi
Les karkabous arrivent à la deuxième mesure de cette chanson au rythme binaire pour ne plus la quitter, afin d’accentuer le bruit des sabots du Koutchi (calèche). Le bendir est toujours là de manière subliminale avec des claviers au jeu funky. La fin du morceau voit se succéder deux thèmes aux cuivres, insufflant une ambiance festive ou comment le funk célèbre la Place Jamaâ Lefna.

13- Outro : Les Hommes de Main de Fatma
La sortie de l’album est plus festive que l’intro, comme pour fêter non la fin d’un voyage mais l’espoir de se revoir … peut-être au détour des prochains albums ou des concerts à venir.