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nouvelle rubrique :
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L'actu. de PlaNet DZ
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L'ONB est de retour avec force,
humour, maturité...
et
...toujours cette formidable énergie scénique !
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ALik , le nouvel et
troisième album studio, de ce groupe mythique, est dans les bacs, en France, le 4 février 2008 !
Le groupe sera en
tournée dans toute la France à partir du 7 mars..avec une belle date à
l'Olympia le samedi 31 mai 2008 !
Pour consulter les dates
et écouter des nouveaux titres de l'ONB :
rendez-vous sur le blog du groupe. |
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ONB :
Douze hommes en « goovers »
L’endroit, assis dans la cité ouvrière
d’Arcueil, avait été baptisé « L’usine » et l’on y fabriquait de
la musique au rythme de « galsas » ou de « bastas » (soirées sous forme
de rituels interactifs). Pendant dix ans, en ce lieu hanté par les
fantômes du rock, ceux de Trust notamment, et les démons du binaire,
rejoints par des djinnes africains, les membres de l’Orchestre National
de Barbès et bon nombre de leurs amis artistes entraient dans des
transes qui pouvaient durer jusqu’à l’aube. Avant de rendre
définitivement les clés de la demeure (fin du bail oblige), l’ONB a pris
son temps pour enregistrer son troisième opus, dans des conditions
« live » qui lui avait si bien réussi en 1997, année de la sortie de son
premier album-coup de maître, résultat d’un époustouflant spectacle
donné à l’Agora d’Evry : « Nous avions fait quelques tentatives studio,
mais le résultat ne fut guère satisfaisant », souligne Youcef Boukella,
un des pivots du groupe franco-maghrébin. L’expérience « Poulina »,
deuxième enregistrement officiel, certes réussie au niveau production et
son, ne reflétait pas vraiment l’âme mouvementée de la formation. De
fait, l’ONB, fondé en 1995 par des musiciens issus d’horizons divers
(Algérie, Maroc et France des villes et des banlieues), s’est d’abord
distingué sur les planches où son punch collectif et son répertoire
mélangeant, à dessein, les couleurs rythmiques et mélodiques, avaient
vite fait d’enthousiasmer le public. Il fallait donc que toute cette
énergie se ressente à nouveau sur disque.
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C’est chose faite avec « Alik », signifiant
attention (un terme utilisé par les fêtards du raï), à la fois album de
la maturité et de la mutation. Ces huit dernières années, les éléments
de l’ONB, outre le temps consacré à la scène et quelques collaborations
avec d’autres chanteurs ou groupes (Idir, No One is Innocent…),
n’avaient pas arrêté de peaufiner leur projet et de remettre plusieurs
fois l’ouvrage sur le métier. Cette longue gestation leur a permis de se
replonger, une fois de plus, dans la « culture de l’exil » et de se
retremper dans les ambiances respectives où tous étaient tombés quand
ils étaient tout petits. Youcef Boukella, à la basse enjôleuse, a
fait ses classes dans des formations jazz et rock (dont le fameux T34) à
Alger, capitale du chaâbi (chant populaire de la casbah), Kamel
Tenfiche est un enfant du reggae, du hip hop et du raggamuffin’,
bercé également par les mélodies kabyles, Tewfik Mimouni, au son
synthé, reconnaissable entre mille, maîtrise ses classiques marocains,
et Mehdi Askeur, The Voice, nourri au « trab » (raï traditionnel,
sentant la poussière des steppes et les vignobles capiteux des plaines
oranaises) se souvient d’un passage endiablé de Johnny Hallyday au
Casino d’Oran.
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Voilà
pour les principaux compositeurs de l’album, mais l’ONB étant un
collectif, on dira qu’il s’agit tout de même, au total, de douze
brillantes individualités conditionnées au raï, au rock, au gnawi, à
l’enseigne du bon « groove » en général.
Essayons de presque tous les citer : Fatah Benlala, la voix
chaâbie et kabyle, Fathellah Ghoggal et sa touche de guitare
knopflérienne, Khlif Miziallaoua plutôt claptonien, Ahmed
Bensidhoum digne des grands percussionnistes du raï époque « chioukhs »
(maîtres), Michel Petry et sa force de frappe à la batterie ou
Mustapha Mataoui , la clavier aimant l’écho des savanes. Points
communs entre tous ces gars : le bonheur de jouer toujours intact,
évidemment, mais aussi l’amour du rock, le vrai, le primitif façon
Rolling Stones, car tous ont connu la querelle Stones-Beatles. |

>Tewfik, Michel, Kamel, Fateh, Ahmed, Youcef, Mehdi,
Fathellah |
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« Alik » en a fait sa dominante sans oublier les fondamentaux. Il y a
d’abord ce triple hommage à trois grands personnages de la chanson
algérienne : Mohamed Larbi, dit Cheikh Mamachi (mort en 1988),
l’un des plus grands poètes-chanteurs bédouins algériens et pionnier du
raï des champs, Slimane Azem (1918-1983), sorte de Jean de La
Fontaine kabyle, au propos politique engagé qui lui avait valu le
bannissement et la mort en exil, et Mohamed Mazouni, dandy
immigré des années 60, aux textes sur fond de « yé yé » insolent.
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photos : Ali Mobarek - www.alimobarek.com |
Du
premier, l’ONB a adapté si bien un titre, « Civilizi Oki » qu’on
ne sait s’il s’agit de rock qui raï ou de raï qui rocke. Le morceau (de
bravoure) du second, « Résidence 2 », entre zouk et rumba, évoque
l’actualité brûlante de l’immigré toujours dans le rôle de bouc
émissaire, et l’œuvre du troisième, « Lila » a le charme de ces
mélodies à l’ancienne comme le sont les couleurs repassées d’un vieux
film de la MGM. Le reste des chansons, dont la majeure partie a été
écrite par les quatre mousquetaires cités plus haut, n’oublie pas,
souvent avec des chœurs dopés et des accents instinctifs et spontanés,
quelques clins d’œil et références au tempo gnawa, le « son » ou la
valse-musette et l’accordéon, qui font penser à une guinguette…pirate,
avec le parti pris de chanter généralement en français. |
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Après écoute, on nous dira : « A quelques exceptions près, mais ça
sonne très rock ! ». Et alors ? On vous disait que nos douze garçons
dans le vent ont, en plus de leur héritage oral des racines, des acquis
pop-rock, vu des dizaines de fois chaque film d’Elvis Presley ou des
« musts » comme « 2000 Motels » featuring Frank Zappa ou « Woodstock »,
collectionné les vinyles de Led Zeppelin, Bill Haley, Ten Years After ou
Deep Purple, décortiqué les LP des Creams et de King Crimson, ou dansé
en boîte, à Alger, Oran, Casablanca, Marseille ou Paris sur la crème des
tubes « métalliques ». D’ailleurs, si l’ONB, à sa façon, cela va de soi,
reprend le « Sympathy For The Devil » des Stones, ce n’est pas un
hasard. Rappelons que Brian Jones avait enregistré le groupe du Rif
marocain Jahjouka, avec la complicité de Robert Palmer, et que Mick
Jagger et Keith Richards, qui passent parfois, lors de leurs concerts,
un extrait du « Alaoua » de l’ONB, avaient remis le couvert avec le même
Jahjouka sur un de leurs titres, « Continental Drift ». Quoi qu’il en
soit, comme l’ONB, moquons-nous des cloisonnements, des académismes, des
frontières et des tests ADN.
Cet album, où vous ne trouverez pas de guest-stars pour
épater la galerie ou rassurer les services marketing, a pour nous
l’essentiel : du sang chaud du à divers rythmiques qu’on peut classer « AOC ».
C’est dire que comme à la parade, avec l’ONB, on n’a pas le temps de
s’échauffer, on transpire fissa.
Rabah
Mezouane.
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Belle histoire à
suivre sur PlaNet DZ et
sur le site Web de Wagram |
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