|
LIVE DZ de Gnawa Diffusion
Sorti en mars 2002 KDO
de Gnawa diffusion aux internautes de PlaNet DZ :
Téléchargez
Match Bettikh,
une nouvelle composition d'Amazigh Kateb, suite aux événements en Algérie
Téléchargez
Fermez Les
Stores,
enregistré, live, à Alger en mai !
Printemps
pervers, enregistré à Grenoble
début juillet 01, par
Momo Bougnoule, chanteur du groupe de rap Koumboula et Amazigh
Kateb de Gnawa Diffusion.
Gnawa Diffusion organise
une tournée dans le fracas des émeutes et en fait
un album. Le premier qui nous vient d’Alger.
Récit.
Après dix ans de désobéissance sonore, les Gnawa Diffusion
balancent, sans repentir, leur troisième album. Un live.
Un condensé des deux premiers disques avec l'émotion de la scène en
cadeau, et la chaleur du public en pourboire.
L'inconvénient, avec ce groupe, c'est cette habitude qu'on a de
succomber à ses rebondissements, comme d'autres succombent à leurs
blessures de guerre.
Toute résistance devient dérisoire. Alors on se laisse prendre au piège
avec le bonheur de ceux qui vont à la pêche, sans rien prendre à la
nature. |
 |
Live-DZ.
Le
DZ, c'est pour Alger. Abréviation d'EL Djazair en arabe, l'ex-Mecque des révolutions
tiers-mondistes, nouvelle capitale du crime politique, des paradoxes
africains et des illusions malmenées. Centre de la parole confisquée que
Gnawa Diffusion nous invite à récupérer par l'insurrection des mots qui
s'entrechoquent et la mutinerie des sons qui s'entrelacent.
Le Live-DZ de Gnawa a la particularité
d'avoir une histoire qui ressemble au groupe que porte en bandoulière
Amazigh Kateb.
Comme une porte qu'on ferme avant de
s'assoupir en plein désert, ce disque vient clore une longue tournée. Il
met un point d'interrogation à une fatigante transhumance qui, parfois, mène
les hommes là où le soleil hésite à faire le jour sur des terres de damnés.
La tournée qu'entame Gnawa Diffusion,
après la sortie de Bab El Oued-Kingston, en 2000, les mène d'abord aux
quatre coins de la France et de l'Europe. Mais quand on chante l'oppression
des peuples, la vanité des puissants et le dénuement des êtres humains,
faire sa musique là où d'habitude les hommes font la guerre doit laisser
des émotions en forme de cicatrices. Forcément. Les Gnawa reviennent marqués
de leurs voyages :
d'abord en Érythrée, un pays dévasté
par la famine et éreinté par un conflit contre l'Éthiopie. Puis Bagdad,
ville anéantie, sous embargo, mise à genoux par les dégâts collatéraux
des frappes chirurgicales d'une coalition civilisée. Ensuite le Soudan à
l'épreuve d'une guerre civile vieille de 17 ans, détruit par les bruits de
bottes et la dévotion des barbes. Et le Yémen cherchant une issue à un
embrigadement religieux au fin fond du désert d'Arabie.
Et enfin la Syrie, brutalisée par une dictature sans âge où même l'usage
du fax est soumis à contrôle.
Puis
au bout, arrive l’enchantement de pouvoir transbahuter une parole de
liberté, des notes de joie et de rébellion dans des pays où la malédiction
de destins et l'omniscience des satrapes semblent s'acharner avec ferveur.
Il n'y a certainement rien de plus beau que de faire danser des peuples qui
souffrent.
Après
la corne de l'Afrique et l'ancienne Mésopotamie, les Gnawa Diffusion
atterrissent à Alger où sera enregistré cet album, le Live-DZ.
Alger,
mai 2001
Pour
Gnawa Diffusion, Alger, c'est l'enfer des angoisses et le paradis de
l'inspiration. C'est le cœur du drame. C'est la trame de fond de leur création
insolente. L'épine dorsale de leur musique de griots blancs. C'est ici, à
Alger, qu'Amazigh a vécu, jusqu'à l’âge de 16 ans.
La
tournée Algérienne est née d'un coup de cœur thématique. À l'origine,
l'idée tournait autour de la célébration du 8 Mai 1945. La journée est
commémorée en France comme en Algérie. Mais pas pour les mêmes raisons.
Dans une parfaite harmonie, le monde jouait une partition en battant deux
mesures : un pays se libérait alors qu'un autre sombrait dans l'horreur. Mais cette ambiguïté historique
offre l'opportunité à ce groupe - où cinq français
et trois Algériens se donnent le « La » - de mettre en avant une double
sensibilité. Émotivité de deux regards qui se croisent à
l’embranchement de deux destins.
À
Alger, les aléas du quotidien et les imprévus d'une guerre sournoise
surprennent les prévisions les plus sûres. Souvent, l'histoire va moins
vite que l'actualité, parce que les balles sont plus rapides que
l'histoire. En Kabylie, la Gendarmerie nationale a tué
Massinissa,
un jeune lycéen. Dans les rues, c'est déjà l'émeute.
Plus de cent morts. Des milliers de blessés. La dictature tire dans le dos
du peuple avec des balles explosives. Malgré les effluves de poudres, Gnawa
Diffusion monte sur scène. Avec un verbe
concis, un humour acéré et un son robuste, Amazigh et sa bande bravent les
forces du désordre tyrannique et rendent hommage aux émeutiers en
chantant, le point en l’air, pour le jeune Massinissa.
La
radio nationale qui avait prévu un car hi-fi pour la diffusion du concert
est apeurée par le contenu du discours que tient Amazigh sur scène.
La retransmission est arrêtée net au troisième morceau.
Mais
dans la salle, le spectacle continue A l’autre bout de la ville, la répression
sévit encore dans la rue.
C'est
pour tout cela que ce « live » est un enregistrement précieux.
C'est un document. On y trouve tout l'esprit Gnawa.
La
musique est forte. Et quand on tend l'oreille, attentivement, on peut saisir
en arrière-plan, juste derrière les chœurs, les râles d'un peuple et le
crépitement des balles dans un pays en lutte contre ses propres démons.
Live-DZ…une
musique ruisselante de révolte, de bruit pour nous empêcher de dormir, des
mots pour une insurrection : celle de l’urgence que les hommes doivent
mettre à vivre.
Sid
Ahmed Semiane
LIVE
DZ de Gnawa Diffusion
Sorti en mars 2002
|