C’est
l’histoire d’un mec
…
Pour
parler d’Ali Amran, on a presque envie d’emprunter à Coluche sa fameuse
entame de sketch « C’est
l’histoire d’un mec … ». En parlant de lui, on l’imagine
le plus souvent, une « gratte » sur le dos, les cheveux en bataille,
une démarche nonchalante… on the road. Peu importe la destination, du
moment qu’il avance. Il s’arrête ici ou là, en repart aussitôt pour
se sédentariser un peu plus loin le temps d’une composition, d’un
enregistrement.
De
Helsinki, à Tanger en passant par Amsterdam, Barcelone ou Paris, il trace
comme ça la route, sous les faveurs d’un été, à la recherche
d’on ne sait quoi ; une influence musicale, une idée originale ou
une sagesse à emprunter. Tel un chercheur d’or, ses pépites sont des
mots, des notes, gravés sur des papiers volants, inscrits sur les cordes de
sa compagne éternelle, sa guitare.
Pèlerin ?
Peut être... Plutôt citoyen du monde. Car Ali Amran ne suit pas un
sillage bien précis, défini par un livre ou une tradition. Non, il
peut bien commencer sa route par le sud, se retrouver à l’est pour
marcher vers l’ouest et se retrouver au nord. Il peut s’arrêter, sur
les bords d’un vignoble bordelais, écouter le bilan de toute une vie
d’un vieux paysan, marcher sur les routes d’Espagne en compagnie d’un
jeune américain fuyant le sarcasme de son président et se retrouver
le soir dans une baraque d'un bidonville marocain pour partager le thé
avec une famille qui lui offre l'hospitalité.
Ali
Amran, marche, comme ses chansons, pourtant il reste discret, presque
anonyme, car son pays, l’Algérie, n’a jamais su faire une place aux
artistes. Il ne tend pas ses bras en martyr pour se plaindre ou attendre que
cela change, il fait, c’est tout. Si tel ou untel, producteur ou tourneur
le mène en bateau, lui promet monts et merveilles pour tourner casaque au
dernier moment, Ali Amran ne se décourage pas, il avance. Son dernier
album, "Xali Sliman" est l’exemple même de cette persévérance.
Après
l'accueil enthousiaste réservé à son premier album "amsebrid"
(le routard) par le public et les radios, Ali Amran continue toujours sa route...
Remarque, avec un tel titre, il voudrait s'arrêter qu'il ne le
pourrait pas ! Et c'est tant mieux, car chemin faisant, ces
chansons prennent de nouvelles couleurs, s'imprègnent de nouvelles
influences, rock, blues, pop... Et nous font voyager avec lui
d'une certaine manière. Elles gagnent aussi en maturité en ne s'encombrant
pas des fioritures "orchestrales" dont s'habille une certaine
chanson pour masquer sa pauvreté. Le public qui demande de plus en
plus une nouvelle chanson kabyle en aura pour son compte. Avec "Xali
Slimane", Ali Amran pousse la chanson kabyle sur des sentiers inexplorés,
pour la dépoussiérer de sa routine.
PRÉSENTATION DE L'ALBUM "XALI SLIMAN"
Xali
Sliman est né un peu aux forceps si l’on peut dire. Les premières séances
d’enregistrement étaient prévues pour faire une maquette en vue de
produire l’album Idir Ili. Au dernier moment, le producteur me laisse
tomber avec la location du studio d’enregistrement sur les bras,
j’enregistre alors, pratiquement en live, une dizaine de chansons dans les
2 séances réservées.
J’en garde cinq que je mixe et j’enregistre Ma d awal et Kabylie pour en
faire l’album. Le résultat me semble un peu brute mais chaleureux et sincère.
Il dégage une énergie positive dans l’ensemble. J’ai pensé qu’il
fallait le distribuer parce que pour moi, c’est d’abord un besoin impérieux
d’expression.
De partage aussi, pour maintenir le lien avec le public qui découvre de
plus en plus le premier album, notamment à travers la radio, et des
nouvelles chansons à la télé et à la radio mais aussi dans les concerts.
Il était prévu qu’il sorte en Algérie en 2004 mais voilà ! Le
producteur qui devait l’éditer n’a pas tenu son engagement à le sortir
dans des délais raisonnables. Finalement, ce n’est que maintenant, une
année après, qu’il arrive sur le marché. Mais en guise de consolation,
pour ainsi dire, il sort simultanément en France et en Algérie, ce coup-ci !
Bonne écoute !
7
titres :
Xali Sliman
Anefet-iyi kan
Ma d awal
Kabylie
Ntenned’ ntezzi
Acawrar
Bγiγ a-kem-h’emmeleγ
TEXTES &
TRADUCTIONS
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BIOGRAPHIE
Je suis né en 1969 à Igariden, un petit
village de Haute Kabylie, au nord de l’Algérie. J’ai commencé à
m’intéresser à la musique en écoutant les chanteurs kabyles à la
radio ou sur des cassettes, pour ceux qui étaient interdit d’antenne.
J’essayais de reproduire leurs mélodies sur des instruments de fortune,
des instruments rudimentaires confectionnés à l’aide de bidons
d’huile pour moteur et de bouts de bois en guise de manches, que tout
gamin qui voulait jouer de la musique se devait de fabriquer. J’ai néanmoins
eu la chance de "toucher" un vrai instrument assez jeune :
Il y avait à la maison une vieille guitare qui appartenait à mon frère
et que j’ai fini par "hériter"...
J’ai écris mes premières chansons vers l’âge de 16 ans, dans le
genre traditionnel. Certaines ont été interprétées avec succès par
des chanteurs populaires tel que Lani Rabeh, ou Hamel Slimane. En 1988,
J’ai rejoins la « compagnie » théâtrale Meghres à
l’université de Tizi-Ouzou comme musicien pour la chorale. A la même
époque, je commençais à plaquer mes premiers accords sur les chansons
des Beatles, Idir, Simon and Garfunkel, Moustaki, Cabrel, Inasliyen, Pink
Floyd, Abranis, Cat Stevens,...J’abordais une nouvelle manière de jouer
de la guitare, je découvrais la musique occidentale, l’harmonie...Du
coup, mes compositions commençaient à s’imprégner de ces nouvelles
influences et à prendre une autre direction, plus folk rock. Aussi, en
parallèle à la chorale, je commençais à me produire sur scène, et à
l’occasion, à glisser une de mes chansons dans le répertoire.
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 |
En 1998, après une petite expérience de studio, des concerts, des émissions
de radio, ponctués d’incertitude, de boulots de subsistance, du 1er
prix du festival de la chanson amazigh et surtout d’un passage de 3 année
par l’institut de langue et cultures amazighes de l’université de
Tizi-Ouzou pour des études de magister, je reviens à la musique et
j’enregistre 6 chansons qui sortiront en cassette en 2001, une année
après que j’eus quitté l’Algérie ! Entre temps, j’avais monté
le groupe Tura pour faire de la scène et dans la foulée, on a eu le 1er
prix au festival national de la chanson amazigh et le 2ème au festival de
musique de la Soummam.
En L’an 2000, j’arrive donc en France, la guitare à la main. Le temps
de m’installer, bonjour les studios de répétitions ! Je fais
d’abord quelques concerts en solo -guitare et voix, puis je monte un
groupe pour jouer sur de plus grandes scènes. En 2004, je passe au Zénith
de Paris à l’occasion du printemps berbère, quelques mois après avoir
enregistré l’album Xali Sliman.
PRESSE
& ASSOCIATIONS
Vous
pouvez organiser des schow-case, séances dédicaces avec ALI AMRAN pour vos
auditeurs, téléspectateurs, lecteurs et adhérents .
Pour cela contactez nous sur cette adresse : ali2005@noos.fr
Vous pouvez recevoir un album pour votre rédaction, en nous contactant sur
la même adresse mail.
INTERVIEW
"Le
Folk en aventure !
"
Par Bezzi ( source :
tamazgha.fr
)
“On
appelle à tort la "chanson kabyle" les différents genres
musicaux venant de Kabylie.”
Ali
est de ces auteurs compositeurs, pour qui la chanson est universelle. Même
la "chanson kabyle". Elle va du folklore au Rock, en passant par
le Pop, le Flamenco et le Folk.
On
a effectivement tort de réduire tous ces genres à la langue. D’autant
plus que ce jeune chanteur, comme beaucoup d’autres, instruit et ouvert
sur l’universel, chante de tout : du populaire américain au Folk kabyle.
Son
look nous en dit long. Avec ses cheveux aux vents, son regard doux et son
sourire sympathique, on ne peut se l’imaginer sans guitare. Il est à
l’image du Folk même. Ses yeux le trahissent. On sent en lui l’envie de
dire et de jouer, à tout moment et n’importe où, sur un banc public, sur
une scène mythique, dans une chambre universitaire, dans un bar, sur des
routes sans fin... N’est-ce pas l’apanage des grands artistes ?
A
la veille de son concert au Divan du Monde, Ali a bien voulu répondre à
quelques-unes de nos impertinentes questions.
Kra
Isallen : Pouvez-vous vous présenter ?
Ali : Je suis né à Igariden, un petit village de Kabylie. Je fais
de la musique depuis une quinzaine d’années, je suis auteur compositeur
interprète de chansons.
Parlez-nous
un peu de vos débuts ?
Les tous débuts, c’est
classique chez nous : tu te fabriques ta guitare avec un bidon d’huile et
tu t’y mets (rire)... J’ai fait mes débuts sur scène comme musicien
dans la troupe de théâtre Meghres, à l’université de Tizi-Ouzou vers
la fin des années 80. A la même époque aussi, je montais sur scène
parfois pour jouer des chansons en anglais et en français. A l’occasion,
j’introduisais quelques-unes de mes compositions.
A
quand remonte votre premier album ?
Le tout premier n’a jamais été
édité, il remonte à 1994.
Le
divan du monde est-il votre premier concert officiel en France ?
Non, c’est plutôt le dernier
d’une série de petits concerts que j’ai animés récemment dans la région
parisienne.
Pourquoi
le Divan du Monde ?
Pourquoi pas !
Pourquoi
le 20 avril ?
Là, il y a des raisons plus sérieuses
: Le 20 avril est un repère dans notre histoire récente. C’est d’abord
la date anniversaire du printemps berbère de 80, mais aussi de celui de
2001 qui était encore plus sanglant et dont nous ne sommes pas encore
sortis malheureusement... Faire un concert à cette occasion est une façon
de commémorer positivement cette date et de dire notre solidarité avec la
Kabylie. C’est aussi l’occasion de présenter un travail artistique différent
qui j’espère apportera un plus à la chanson kabyle.
Le
titre du spectacle "Idir Ili, ironie et sorts", pourriez-vous nous
l’expliquer ?
Idir Ili est un personnage,
quelqu’un qui veut ’être’ et ’vivre’, tout simplement, mais dont
le sort a fait qu’il se retrouve confronté à des problèmes et des
situations inextricables par ce qu’il est né quelque part, dans l’Algérie
de la fin des années 60-début 70, en Kabylie plus précisément. Des problèmes
qui sont le lot quotidien de notre génération, comme le conflit de générations,
le déni d’identité, les difficultés d’aimer, la violence politique,
la manipulation... Il essaie de s’en sortir malgré tout en utilisant au
besoin l’ironie pour rendre sa situation vivable. C’est autour de son
histoire que le spectacle est construit pour sa grande part.
C’est
pour quand le prochain album ?
C’est pour la fin de l’année.
De
quoi ça parle ?
C’est un peu les mêmes thématiques
que celles développées dans le spectacle.
Parlez-nous
un peu de votre musique ?
C’est du folk rock kabyle.
Une sorte de fusion entre l’univers mélodique kabyle et de nouvelles
sonorités et rythmes, dans une ambiance plutôt folk rock et rock.
Un
mot sur vos musiciens ?
Ce sont de jeunes musiciens
kabyles qui se sont installés récemment en France et qui partagent avec
moi ce souci d’ouvrir la musique kabyle à d’autres styles.
Où
puisez-vous votre inspiration ? Dans les livres, votre entourage, d’autres
musiques ?
Dans tout ça à la fois, je
crois.
Propos
recueillis par Bezzi.
Entretien réalisé en avril 2003
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