Où sa quête mènera-t-elle
ce fils de harki au passé et au présent barrés ? Que trouvera-t-il au
bout du chemin et que choisira-t-il ?
Troisième moment d’une aventure artistique inaugurée par Lettres à
Jeanne et prolongée par Dans les ténèbres gîtent les aigles, Le nom du père
sonde un autre de ces lieux où la mémoire des vaincus de l’Histoire,
entravée et bâillonnée, n’en finit pas de se débattre. Et s’il
arrive que les bâillons sautent et que les bouches s’ouvrent, la parole
libérée n’est alors jamais aussi près de se tromper d’avenir : happés
par la fabrique du malheur au présent, les porteurs de cette mémoire sont
mûrs pour une répétition compulsive du passé. A moins que ne se dévoile
à eux la vérité profonde de leur demande et qu’ils soient enfin
capables de la nommer, l’amour.
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Le
Nom du Père
de Messaoud Benyoucef
au Éditions de l'Embarcadère
format 13x21
130
pages
Couverture de Agnès Sioda
ISBN :2-914728-06-9
Prix de vente public :
15 €
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Ouvrage publié avec le
concours du Centre National du Livre
Messaoud
Benyoucef est l'auteur de Lettres
à Jeanne, , Dans
les ténèbres gîtent les aigles
textes mis en scène par la compagnie «Bagages de
Sable», ainsi que de La
Sainte Triade créé par la compagnie Scarface ensemble. Dans
un tout autre genre, Messaoud Benyoucef est aussi l'auteur de L'Algèbre
de la mort, thriller politique cruel et baroque.
Il est en outre le traducteur de l’intégralité de l’œuvre du
dramaturge algérien Abdelkader Alloula.
LE NOM DU PÈRE
Il est aussi raisonnable de représenter
une espèce d’emprisonnement par une autre, que de représenter
n’importe quelle chose qui existe réellement par quelque chose qui
n’existe pas.1
Ali, alias Alain, alias SNP, alias Élias,
alias Abou Chafra, alias Ilyès s'en sortira-t-il ? Ses pérégrinations
dans des identités successives, les aventures picaresques qui le mènent au
bord du gouffre, sont-elles un parcours initiatique vécu et rendu dans les
formes condensées du temps théâtral, ou bien ne sont-elles que les élaborations
fantasmatiques d'un cerveau en butte à la logique de l'enfermement ?
“ Le nom du père ” est le troisième moment
d’un projet artistique consacré à ceux qu'une colonisation et une décolonisation
aussi apocalyptiques l'une que l'autre, ont happés, brassés, broyés et
jetés sur l'un et l'autre des deux rivages, d’Algérie et de France, avec
pour viatique un pan de mémoire et un morceau d'histoire.
LA TRILOGIE
Les chercheurs de mémoire, objet de
"LA MER BLANCHE DU MILIEU", premier volet de la trilogie,
mettait en scène ceux qui, voulant retrouver un passé qui n'a plus
d'existence que dans le souvenir, se heurtent à l'un de ces bégaiements
compulsifs par lesquels l'histoire vécue semble vouloir se répéter et
singer ses pires débordements de violence passée.
Les vaincus de l'histoire, objet du deuxième volet intitulé "DANS
LES TÉNÈBRES GÎTENT LES AIGLES", était consacré à un épisode
crucial de la guerre d'Algérie : l’assassinat de Ramdane Abane, dirigeant
politique d'exception autour duquel des hommes ont su transcender leurs
identités culturelles, confessionnelles et politiques pour retrouver
l'universalité de la liberté et de l'humain.
Les oubliés de l'histoire, le troisième moment, intitulé "LE
NOM DU PÈRE", est dédié à ceux qui, assignés dans ces lieux de
relégation et d'enfermement que sont la zone, la cité, le quartier, le
camp, ou comme on voudra nommer ces lieux d’assignation, peuvent être
tentés par le fantasme d'une reconquête identitaire qui a pour compagne
obligée la fabrique du malheur.
POUR DIRE QUOI ?
Contre l'ambivalente notion de "devoir
de mémoire" qui produit sans cesse de l'autisme victimaire, cette
"mémoire acrimonieuse et sourde"2 qui n'installe l'individu dans
le statut de victime que pour le priver de sa qualité de sujet de son
histoire, et qui paralyse la pensée et la création libres, l'aventure
artistique a cheminé, simplement pour réaffirmer que ce qui fait de nous
des "sociétaires du genre humain, c'est la reconnaissance de l'humain
dans l'autre". 3
MESSAOUD BENYOUCEF
1 Daniel De Foë
2 Selon le mot de l¹historien Daniel Rivet
3 L¹expression est du philosophe Paul Ricoeur
En
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