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Certes,
son inspiration principale reste le Maghreb et l’Afrique du Nord mais il a
su y apporter tant d’autres influences. Oserions-nous parler d’une
version émancipée d’un « euro-africano-jazz » aux influences
américaines ! !
Contrairement
au premier album, ‘Ifrikya’, sorti en 2001, dans Chabiba tous les titres sont chantés. Fruits d’un foisonnement culturel,
ils traduisent tous une extraordinaire richesse artistique. Karim
Ziad a composé la plupart des morceaux de cet album et s’est attaché à
adapter 4 titres du répertoire traditionnel du Maghreb.
Poly-instrumentiste, on le retrouve à la batterie, au guembri, au quraquabs,
au banjo… et bien sûr au chant.
Il
s’est également entouré d’invités prestigieux tels que : Oumou
Sangaré, Nguyen Lê, Bojan Zulfikarpasic, Loy Ehrlich, Linley Marthes, Aziz
Sahmaoui et Mehdi Askeur (ONB), Michel Alibo.
Cet
album, Karim le voit comme un terrain de rencontre de ses multiples
influences et comme une alternative aux musiques maghrébines du moment :
raï, pop maghrébine, profane…
Katibala
(4), morceau gnawa chanté selon
la tradition algérienne jusqu’à sa moitié, et ensuite selon la
tradition marocaine… c’est
un peu sa façon de rapprocher les deux peuples.
Jamagaro
(7), morceau gnawa algérois
de la confrérie « les enfants de Sidna Bilal » qui fut le
premier noir musulman affranchi, au VIIIème siècle, devenu muezzin. Dans
les arrangements de Jamagaro on
retrouve la maracatu (Brésil) et
le karacatu (Maghreb) en fait très proches.
D’autres
compositions, sont écrites en collaboration avec Rabat
Zeradine, Aziz Sahmaoui, Oumou Sangare, Nguyen Lê
ou Abdelkebir Merchane.
El
Mouima
(5) (les mamans) et
selon la tradition arabe : « le paradis est sous les pieds des
mamans » est dans un style de chant de l’ouest algérien
le Trab.
Dans
Merhba bik
(3) (bienvenue à toi), Karim Ziad invite Oumou Sangaré. Il lui annonce
que ses cousins du Maghreb l’attendent pour lui faire sa « lila »
(fête) et le sacrifice du taureau. Le Mali, le Niger et le Maghreb se
rapprochent au travers des chants et danses
« Ouled Bambara » dont
Oumou est elle-même issue.
Sur
des rythmes traditionnels populaires kabyles, Chabiba (2) évoque la jeunesse algérienne aux cheveux gris et la question
qui se pose « qui pleure sur leur sort ? »
Dans
Rijal Allah
(6), Karim Ziad et Nguyen Lê
prônent la tolérance entre les religions monothéistes. Dieu… le père
et ses trois enfants ; un père ne fait pas de différence entre ses
trois enfants. Nous retrouvons la fusion jazz et musique du Maghreb.
La
Ilaha Illa Allah (1),
morceau traditionnel
issu du répertoire de la confrérie soufie de ‘Bouhala’, il n’y a
qu’un seul Dieu.
Une
histoire d’amour, Yadouk
(8) sur un style marrakchi avec des couleurs supplémentaires, piano, basse.
Autre
histoire d’amour Ouine Nsibek (9) sur un
rythme buleria et jazz acoustique ;
morceau très torturé où un jeune soupirant demande aux montagnes de s’écarter
de son chemin car « celles-ci » le séparent de sa bien aimée.
Louanges
(10), une version
acoustique dédiée au festival d’Essaouira,
un joli clin d’œil pour celui qui en est le directeur musical
!!
La
musique de Karim Ziad s'apparente
à un cocktail d'émotions, de passions, de sentiments et de visions. C'est
une musique que l'on écoute, que l'on ressent, que l'on goûte…
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