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Qu'est-ce
qui vous a intéressé dans le scénario ?
Beaucoup
de copains à moi ont vécu cette situation d'un retour au pays forcé qui
m'a beaucoup touché. Cela m'a fait penser à un film que j'aime beaucoup, Prends
10 000 balles et casse-toi, où le gouvernement français de l'époque
offrait une prime à des ouvriers d'origine algérienne qui acceptaient de
rentrer au pays. Je suis moi-même d'origine algérienne, j'ai grandi dans
une cité, et je me suis dit qu'il fallait parler de cette situation. L'idée
de tourner à Alger m'a également beaucoup séduit.
Comment
êtes-vous entré dans la peau du personnage ?
Je
travaille depuis mes débuts avec une coach, Elisabeth Rodriguez, qui est
une femme formidable. Elle m'a aidé à "décrypter" le scénario
et à apprendre les dialogues. Sur le plateau, elle m'aidait à la fin de
chaque journée de tournage à préparer les scènes du lendemain. Pour me
préparer au rôle, je me suis beaucoup baladé dans les rues d'Alger et
j'ai essayé de m'imprégner de l'atmosphère de la rue. J'ai même
sympathisé avec des gens sur place qui m'ont donné pas mal de conseils.
A votre avis,
est-ce que la télévision et plus encore Internet ont un impact sur la société
algérienne ?
Quand j'ai donné mon premier
concert à Alger, à l'occasion du quarantième anniversaire de l'indépendance,
je me suis rendu compte de l'importance de la télévision par satellite :
les Algériens sont vraiment au courant de tout grâce aux images des chaînes
étrangères. Plus récemment, j'ai vu que les cyber-cafés avaient pris une
ampleur incroyable dans tous les quartiers d'Alger. C'est un moyen
formidable pour les gens de s'ouvrir vers l'extérieur.
Vous chantez
dans la séquence du karaoké. Etait-ce une idée à vous ou à Merzak
Allouache ?
Au départ, j'avais dit à
Merzak que je ne voulais pas chanter… Mais, finalement, à la fin du
tournage, il m'a expliqué que ce serait une bonne idée pour la séquence
du karaoké. Du coup, je me suis laissé piéger, mais avec plaisir ! J'ai
été très heureux de le faire.
Que
pensez-vous de la vision que donne Merzak Allouache de la société algérienne
?
Il
faut bien voir que les Algériens ont eu à gérer tout seuls une guerre
civile terroriste pendant dix ans. Le pays s'est retrouvé complètement
isolé pendant toute cette période. Du coup, aujourd'hui, les gens ont
envie de tourner la page et de s'amuser, de s'habiller à l'occidentale,
d'aller au restaurant… Ils n'ont plus systématiquement envie de quitter
le pays. Le pays est en train de s'ouvrir et j'ai vu beaucoup d'hommes
d'affaires faire plusieurs allers-retours entre la France et l'Algérie. De
ce point de vue, je peux vraiment dire que la vision que donne Merzak
d'Alger est totalement fidèle à la réalité.
Le poids de
la famille est très important et vous entretenez un rapport très fort,
mais complexe, avec votre frère.
C'est un rapport conflictuel et
très ambigu. Kamel a baissé les bras et a arrêté de lutter : il ne pense
qu'à rentrer en France. Au contraire, Bouzid joue un rôle de moteur pour
son frère. Mais dans le même temps, Kamel accepte d'aider son petit frère
à préparer l'arrivée de Laurence. C'est un rapport d'autant plus fort
qu'il est profondément ambigu.
Comment
s'est passé le tournage ?
Les
gens nous ont réservé un accueil extraordinaire, surtout quand on tournait
dans un quartier populaire comme Bab-El Oued. Ils n'en croyaient pas leurs
yeux de voir des comédiens comme Samy Nacéri ou moi venir tourner là-bas
: ils disaient "Regardez ! C'est Taxi
!" Dès qu'on tournait en extérieurs, il y avait environ 800
personnes – 800 figurants en quelque sorte – qui s'attroupaient autour
de nous et nous rassuraient en nous disant que tout allait bien se passer.
C'était très émouvant.
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