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Une étude réalisée par le Creops
en 1998
auprès de jeunes adultes manosquins issus de l’immigration avait mis
en évidence le besoin de rompre avec ce silence et l’ignorance qui
entourent la guerre d’Algérie et qui pèsent sur ses conséquences.
Ainsi
nous avons proposé de soumettre à des analyses diverses les mécanismes
du silence, ses formes et ses conséquences visibles ou souterraines,
ainsi que les modalités pour en sortir.
Nous
avons interpellé les différentes sciences sociales, l’Histoire, la
Sociologie mais aussi la Psychanalyse et la Politique. C’est au
croisement de ces divers niveaux d’analyses, et dans leur
transversalité, que nous avons tenté de faire l’archéologie du
silence de la guerre.
Les débats
se sont articulés autour de deux thèmes :
-
Les
conséquences du silence
En
dépit des silences des savoirs se sont construits et transmis. Comment
les jeunes générations ont découvert et géré le poids de ce silence ?
Quelle est la nature de cette connaissance qui s’est élaborée malgré
le silence des parents et de l’école ?
L’objet
de cette première demi-journée a consisté à examiner les conséquences
sociales, psychologiques et politiques de ce silence, tant au niveau
individuel que collectif. Le repli communautaire, la stigmatisation ou
l’auto-stigmatisation des dites communautés et des générations, la
victimisation des différentes communautés.
Avec :
Yvan GASTAUT - Maître de conférences
en histoire contemporaine et sociologie, Mohamed KARA
- Linguiste, Maître de conférences, Jean-Jacques JORDI
- Historien,
directeur du Mémorial Outre-mer, Saïd BOUAMAMA
- Sociologue,
formateur à l’IFAR
-
Sortir
du silence
Pourquoi
et comment sortir de ce silence ?
Même
si des seuils indéniables ont été franchis et que l’on commence à
parler de la guerre d’Algérie, il reste à imaginer :
- les modalités
politiques qu’adopte une société pour assumer la décolonisation et
permettre une mémoire pacifiée, diverse et ouverte.
-
les modalités d’enseignements de la
guerre d’Algérie, et en particulier avec l’Education nationale.
- les modalités d’un travail socio-pédagogique. Les conséquences de
cette guerre conditionnent le regard porté sur ces jeunes ainsi que
celui qu’ils portent sur eux-mêmes. L’appropriation de cette période
peut servir à leur construction identitaire.
Avec :
Kamel CHACHOUA - Sociologue, Françoise LANTHEAUME - Sociologue de
l’éducation à l’INRP, Yasmine GRASSER
- Psychanalyste, membre de l’ECF
Les
débats ont été animés par Sakina Bakha
Contexte
Le colloque de
Digne-les-bains du 30 novembre s’intégrait dans une démarche plus
globale qui prend en partie sa source dans l’enquête réalisée avec
le sociologue Saïd Bouamama auprès de jeunes Manosquins issus de
l’immigration maghrébine.
Suite
à cela le 2 et 3 décembre 2000 le CREOPS organisait à Marseille un séminaire
sur le thème Mémoires de
l’immigration algérienne : la guerre d’Algérie en France.
L’ambition
de ce séminaire était d’ouvrir un débat sur la guerre d’Algérie
en France. En effet notre travail quotidien auprès des jeunes issus de
l’immigration montre qu’il y a chez eux un désir de mieux connaître
cette page de l’Histoire.
Mais face à ce
questionnement nous constatons de l’incompréhension, du silence et
parfois de l’ignorance. Silence des pouvoirs publics qui hésitent à
ouvrir et parfois bloquent les recherches sur les archives. Silence des
parents eux-mêmes qui n’ont pas l’occasion ou ne veulent pas parler
de ces moments douloureux. Manque de formation des adultes (travailleurs
sociaux, enseignants,…) habilités à répondre professionnellement.
Ce silence peut empêcher
de retrouver les fils de sa propre histoire et brouiller les chemins qui
mènent à une identité apaisée et résolument tournée vers
l’avenir.
Ainsi
nous avons demandé à plusieurs personnalités (historiens, écrivains,
philosophe, sociologue, anciens dirigeants de la Fédération de France
du FLN, anciens militants engagés en France contre la guerre d’Algérie)
de venir intervenir et débattre autour des thématiques suivantes :
-
L’immigration et la guerre d’Algérie, pourquoi le silence ?
-
La Fédération de France du FLN et les immigrés
-
Les immigrés et les organisations syndicales et politiques
-
Le 17 octobre 1961
-
L’engagement des citoyens français en faveur de l’indépendance
algérienne.
Il
y avait parmi nous durant ces deux journées de travail :
Emile TEMIME,
Mohamed MECHATI, Ali HAROUN, Jacques CHARBY, Jacques JURQUET, Jean-Luc
EINAUDI, Robert DAVEZIES, Hélène CUENAT, Francis JEANSON, Adolfo
KAMINSKY et Saïd BOUAMAMA
Zaàma
n°4-5
Les
conséquences du silence sur la guerre d’Algérie,
Zaàma n°4-5, nov. 2003, 10 €, Ed. du CREOPS
Pour
toute commande par correspondance merci d’ajouter 1,90 € de frais de
port.
La revue Zaàma est
publiée par le Centre Régional d’Études et d’Observation des
Politiques et Pratiques Sociales
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Rue des Heures Claires
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